Les personnages capétiens

Adalbéron
(v.920 - 989)
Archevêque de Reims, il fut Chancelier du roi carolingien Lothaire (974) qui l'accusa de trahison. Hughes Capet, duc de France, fit proclamer son innocence à l'assemblée de Senlis. En signe de reconnaissance, Adalbéron proposa que le duc de France fût nommé roi à titre provisoire, le trône étant vacant. Il déclara un discours célèbre au Grands qui élurent Hugues. Adalbéron avait pour objectif de réformer l'Eglise. Avec Gerbert d'Aurillac, il militera pour la création d'un empire unique à l'image de l'empire néo-carolingien des Otton. Mais Hugues Capet ne l'entend pas ainsi et il fera sacrer son fils pour asseoir sa dynastie en France.

Aliénor d'Aquitaine
(1122 - 1204)
Eléonor de Guyenne est plus connu sous son nom anglicisé : Aliénor. Elle épouse Louis VII le Jeune apportant ainsi le duché d'Aquitaine, dont elle est l'héritière, au royaume de France. Femme cultivé et reine des troubadours, son caractère s'accorde mal face à son mari. Elle accompagne le roi lors de la seconde croisade, mais le périple ne fera qu'envenimer les relations des deux époux. La reine est répudiée en 1152. Furieuse, elle épouse Henri Plantagenêt seulement deux mois après sa répudiation. En 1154, elle devient reine d'Angleterre. Suivent dix années de bonheur et de fastes pour Aliénor qui met au monde cinq enfants dont Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre (1166). Mais Aliénor finit par se retirer à Poitiers dans son duché de France pour mener une politique hostile à son époux, tout en favorisant ses enfants. Elle fait couronner son fils Richard et paye sa rançon lorsque celui-ci est capturé au cours de la troisième croisade. Elle s'éteint à l'âge de 80 ans au terme d'une vie bien remplie.

Bernard de Clairvaux
(1090 - 1153)
Originaire d'une famille de la noblesse, Bernard devient moine dans l'abbaye cistercienne de Cîteaux en 1113. Il fonde en 1115 l'abbaye de Clairvaux. Sous sa direction, l'abbaye de Clairvaux se développe considérablement et devient l'abbaye la plus éminente de l'ordre cistercien. La rumeur selon laquelle Bernard accomplirait de nombreux miracles et ses sermons éloquents attirent de nombreux pèlerins. Sa personnalité et sa spiritualité influencent considérablement l'Occident chrétien. Il intervient dans les affaires publiques et conseille les princes, les évêques et les papes. Il aurait rédigé la règle de l'ordre des Templiers. En 1146, Bernard commence à prêcher pour la deuxième croisade. L'échec de la croisade est une grande déception pour Bernard. Il meurt en 1153, il a été canonisé en 1174.

Baudouin de Boulogne
(? - 1118)
Frère de Godefroi de Bouillon, il partit avec lui à la tête de la 1ère croisade en 1095. Il fonda le comté d'Edesse dont il fut mis en possession. En 1100 il abandonna ce comté et succéda à Godefroi sur le trône de Jérusalem. En 1104, aidé par une flotte génoise, il s'empara de Ptolémaïde (St Jean D'Acre). En 1109, il prit Berythe (Beyrouth). En 1115, il bâtit le château de Montréal. Après avoir remporté plusieurs victoires sur les sarrasins, il fut atteint de la dysenterie en Egypte au siège de Pharamia et mourut en revenant en Palestine, à Laris, dans le désert.

Blanche de Castille
(1188 - 1252)
Petite-fille d' Aliénor d'Aquitaine, Blanche est promise en 1200 au futur roi Louis VIII. Ce mariage a pour fin principale une réconciliation entre la France et l'Angleterre. Reine de France en 1223, elle accouchera de douze enfants. La rigueur de l'éducation morale et religieuse qu'elle donne à ses enfants vaut également à Blanche l'approbation du clergé. Régente à la mort de Louis VIII en 1226, la reine rencontre cependant l'hostilité des barons, probablement hostiles au gouvernement d'une femme, et désireux de profiter d'un affaiblissement de l'autorité royale Blanche ne déjoue la coalition qu'en la divisant. Son fils Saint Louis lui laisse une grande influence politique, même après sa majorité en 1234. C'est à elle qu'il confie la régence pendant la septième croisade d'Égypte.

Bohémond de Tarente
(1050 - 1111)
Fils aîné de Robert Guiscard, Bohémond est l'un des chefs de la Première Croisade. Il s'empara d'Antioche le 2 juin 1098. Il ne put défendre longtemps sa principauté syrienne contre la double menace des Byzantins et des Turcs. Capturé par l'Emir de Sivas, il resta prisonnier de 1100 à 1103. Il revint en Europe chercher du renfort. Il voulut prendre les byzantins à revers et monta une expédition en Dalmatie qui aboutit à un échec. Il dut se reconnaître vassal de l'empereur Alexis 1er Comnène et ne revint jamais en Orient.

Charles IV le Bel
(1295 - 1328)
Charles IV le Bel est le dernier roi de la dynastie dite des Capétiens directs. Egalement roi de Navarre, il est le fils de Philippe IV le Bel et de Jeanne Ière de Navarre. En 1307, il avait épousé Blanche de Bourgogne, condamnée pour adultère en 1315. Charles IV épousa alors Marie de Luxembourg puis sa cousine Jeanne d'Évreux. De ces unions ne naquirent que des filles. A sa mort, le trône de France passe sous la main des Valois, son représentant étant son cousin Philippe VI de Valois.

Charles Ier d'Anjou
(1226 - 1285)
Fils de Louis VIII et de Blanche de Castille. Après son mariage, son frère le roi de France Louis IX le fit comte d'Anjou et comte du Maine (1246-1285), créant de ce fait la seconde dynastie angevine (après celle des Plantagenêt). En 1248, il participe à la septième croisade. En 1266 Charles d'Anjou fut investi du royaume de Sicile par le pape Clément IV. Charles d'Anjou prit possession des deux parties (insulaire et péninsulaire) du royaume de Sicile, mais il fut chassé de la partie insulaire en 1282. Charles d'Anjou reçut aussi les titres fictifs de roi d'Albanie (1272) et roi de Jérusalem (1278-1285).

Charles de Valois
(1270 - 1325)
Fils de Philippe le Hardi et d'Isabelle d'Aragon, Charles de Valois est le père de Philippe VI, le futur roi de France de la dynastie des Valois. Moyennement intelligent, démesurément ambitieux et passablement avide, Charles de Valois collectionne les principautés. En 1280, le pape le reconnaît roi d'Aragon (sous la vassalité du Saint Siège), mais il sera chassé par la population locale pendant les Vêpres Siciliennes. Sa principale qualité est d'être un bon chef de guerre. Il commande en Flandre avec efficacité en 1297. Mais Charles rêve de la couronne impériale qu'il n'obtiendra jamais. Pendant le règne des derniers Capétiens directs, il joue un rôle politique de premier plan.
Clément V
(? - 1314)
Bertrand de Got ou de Goth, fut archevêque de Bordeaux avant de devenir Pape sous le nom de Clément V. Il est passé dans l'histoire pour avoir ordonné la suppression (avec Philippe le Bel ) de l'ordre des Templiers et pour avoir, en 1309, déplacé le Saint-Siège à Avignon. Il fut couronné à Lyon en l'église Saint-Just, en 1305. Après l'élimination des Templiers, le Pape décréta la dévolution des biens du Temple à l'ordre de l'Hôpital Saint-Jean de Jérusalem. Il meurt un mois après la mort de Jacques de Molay.

Eudes II de Blois
(? - 1037)
Il est le fils du comte Eudes Ier et de Berthe de Bourgogne (future épouse de Robert II ). Il est l'un des personnages les plus remuants de son temps. Il est en guerre contre le duc de Normandie Richard II. Battu, il est sauvé par l'intervention du roi Robert II. Il s'engage contre le comte d'Anjou et occupe le comté de Troyes avant de s'attaquer à l'archevêque de Reims. En 1032, il abandonne ses prétentions face à l'empereur Conrad II et le roi de France Henri Ier. Une ultime tentative en Lorraine le conduit à sa défaite. Il meurt dans le combat en 1037.

Gauthier Sans Avoir
(? - 1096)
Gauthier-sans-Avoir est le seigneur de Poissy. Comme son nom l'indique, ce chevalier n'a pas de grandes charges seigneuriales, ce qui le pousse à participer aux croisades. Il conduisit une partie de la croisade populaire qui fut massacrée avant d'atteindre Constantinople. La plupart de ses compagnons se firent tuer avant d'arriver à Byzance et lui-même périt dans une embuscade tendue par les Turcs près de Nicée.

Gerbert d'Aurillac
(v. 938 - 1003)
Gerbert devient le premier pape français en 999 sous le nom de Sylvestre II. Gerbert est aussi un grand savant et un acteur politique majeur. Sa vie nous est connue par ses nombreuses lettres. Il découvre le «quadrivium», les quatre sciences de l'époque : l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie. Sa science étonne le pape et l'empereur Otton. Il compte pour ses élèves Hugues Capet et son fils Robert II. Conseiller d' Adalbéron, il devient pape en 999. Il tente alors avec Otton III d'instaurer un empire chrétien universel, par l'union du pouvoir séculier et du pouvoir ecclésial. Le projet échouera mais laissera des traces durables.

Godefroi de Bouillon
(1061 - 1100)
Duc de Basse Lorraine et de Lothier, avoué du St Sépulcre. Il décida de se croiser en 1095 et il partit en août 1096 avec ses frères Eustache et Baudouin et une dizaine de milliers de croisés des régions de la Meuse et du Rhin. Arrivé à Constantinople en décembre 1096 il prêta hommage à l'empereur byzantin Alexis. Après la prise de Jérusalem, il fut élu comme souverain (22 juillet 1099). Il refusa le titre de roi et ne voulut être que « l'avoué du Saint Sépulcre ». Il battit les égyptiens à Ascalon (Août 1099) et s'occupa activement de l'organisation des États Latins.

Guillaume de Tyr
(1130 - 1185)
Célèbre prélat et chroniqueur de Terre sainte. Il est l'auteur d'une volumineuse histoire de l'Orient latin au XIIe s. (Gesta Orientalium principum).

Guillaume le Conquérant
(1027 - 1087)
Guillaume est le fils illégitime du duc de Normandie Robert le Magnifique (ce qui lui vaudra le surnom de Guillaume le Bâtard), il lui succéda à l'âge de huit ans. Sa minorité fut marquée par une révolte des barons de Basse Normandie, dont il ne triompha qu'en 1047 qu'avec l'aide du roi de France, Henri 1er. Il épousa Mathilde de Flandres, vers 1050. En 1066, à la mort d'Edouard le Confesseur, il revendiqua la couronne qui lui était promise dont le saxon Harold s'était emparée. À la tête d'une solide armée, Guillaume gagne la bataille d'Hastings (1066). Reconnu roi, il introduisit le système féodal en Angleterre tout en maintenant une forte autorité monarchique et fit dresser un vaste inventaire des terres du royaume (Domesday Book).

Henri Ier
(1008 - 1060)
Henri est le second fils de Robert II le Pieux, il est associé au trône en 1026. Il épouse la fille de l'empereur d'Allemagne puis Anne de Kiev. Henri doit s'opposer à sa mère qui veut imposer son troisième enfant au trône et au puissant Eudes II de Blois. Henri calme la situation en attribuant la Bourgogne (qu'il avait reçu par son père) à son demi-frère. En 1047, Henri gagne la bataille de Vals les Dunes au côté de Guillaume de Normandie, avant de s'opposer à celui-ci. Henri Ier meurt en 1060, son fils Philippe Ier lui succède.

Hugues Capet
(v. 941 - 996)
Hugues Capet est le fils de Hugues le Grand, comte de Paris, duc des Francs. A la mort de Louis V, le dernier roi carolingien, Hugues parvient à se faire élire roi grâce à l'appui de l'archevêque de Reims, Adalbéron. Il doit alors s'opposer au prétendant carolingien, Charles, duc de Lorraine. Hugues décide d'associer très vite son fils Robert II le Pieux au trône. Son pouvoir est encore maigre face aux autres grands seigneurs du royaume. Hugues Capet meurt en 996, fondant la dynastie capétienne qui donna 32 rois à la France.

Hugues de Vermandois
(1057 - 1102)
Troisième fils de Henri 1er, roi de France. Hugues prit la croix à l'assemblée de Clermont en 1095. Il se joignit à la seconde armée des croisés partie fin septembre 1096 de l'Ile de France et dont le chef était Robert Courteheuse. Il ne voulut pas s'arrêter chez les Normands de Pouille et débarqua à Durazzo où il fut arrêté. Prisonnier à Philippopolis jusqu'à l'arrivée de Godefroi de Bouillon, il suivit la grande armée des croisés en Asie et se distingua à la bataille de Dorylée et aux sièges de Nicée et d'Antioche. Il abandonna ses compagnons et revint en France en 1099. Accusé de lâcheté, il repartit en Terre Sainte l'année suivante. Ses troupes furent détruites par les Turcs en Asie Mineure. Blessé près de Nicée, il mourut à Tarse en Cilicie.

Isabelle de France
(1292 - 1358)
Isabelle de France est la fille du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine Jeanne Ière de Navarre et surnommée la Louve de France pour son tempérament particulièrement violent. En 1308, elle épousa le roi d'Angleterre Édouard II. Quatre enfants sont issus du mariage bien que le roi ait une réputation d'homosexuel. Avec son amant Roger Mortimer, elle entraîne la déposition d'Edouard II et l'avènement de leur fils Edouard III. Isabelle et Mortimer gouvernèrent comme régents. Mais quand Edouard III atteignit sa majorité, il fit exécuter Mortimer et exiler Isabelle au château de Rising à Norfolk où elle mourut. Elle est également célèbre pour avoir découvert l'adultère de ses belles sœurs dans l'affaire de la tour de Nesle. Isabelle est également la célèbre reine du film "Braveheart", interprétée par Sophie Marceau.

Jean Ier le Posthume
(1316)
Fils de Louis X le Hutin et de Clémence de Hongrie, il ne vécut que 5 jours. Le comte de Poitiers, alors régent, fut proclamé roi de France sous le nom de Philippe V. Diverses légendes circulèrent sur cet enfant royal : on prétendit notamment que Philippe V l'avait fait empoisonner. Louis Ier de Hongrie, neveu de la reine Clémence, fit répandre le bruit qu'il avait été emmené secrètement à Sienne, puis élevé sous le nom de Jean de Guccio. Enfin, pendant la captivité de Jean II (1356-1360), un homme prétendit être l'héritier de la couronne et essaya de faire valoir ses droits. Fait prisonnier en Provence, cet homme mourut en captivité en 1363.

Louis VI le Gros
(1081 - 1137)
Louis VI le Gros, est le fils de Philippe Ier et de Berthe de Hollande. Il épousa en premières noces Lucienne de Rochefort et Adéle de Savoie. Louis est un roi énergique et vaillant au combat. Il mate les révoltes des barons sur son domaine et s'impose face aux seigneurs du royaume. Il doit également gérer un conflit contre l'Angleterre d'Henri Ier et l'Allemagne de l'empereur Henri V. Louis le Gros, meurt en 1137 d'une dysenterie causée par l'excès de bonne chère, qui l'avait rendu obèse. Son fils Louis VII, qui voulait être moine, va lui succéder.

Louis VII le Jeune
(1120 - 1180)
Fils de Louis VI et d'Adélaïde de Savoie. Juste avant son accession au trône, il épouse l'héritière d'Aquitaine, Aliénor. Il gouverne au côté de l'excellent conseiller de son père, l'abbé de Saint-Denis, Suger. Pour affaiblir ses vassaux, il multiplie les concessions de privilèges aux communautés rurales et favorise le mouvement communal. Très pieux, il répond à l'appel de Bernard de Clairvaux pour une nouvelle croisade (1147-1149). C'est pendant cette expédition que serait née la brouille entre le roi et son épouse, qui devait aboutir à un divorce aux funestes conséquences pour le royaume. Aliénor se remarie aussitôt avec Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre en 1154. Ne pouvant affaiblir son adversaire, Louis VII soutient l'archevêque de Canterbury et les fils révoltés d’Henri II. Louis VII se rapproche du comte de Flandre et du comte de Champagne, dont il épouse la fille, Adèle, mère de Philippe Auguste.

Louis VIII le Lion
(1187 - 1226)
Louis VIII est le fils de Philippe II et d'Isabelle de Hainaut, il est l'époux de Blanche de Castille. Durant le règne de son père, il combattit farouchement les Anglais et le roi Jean sans Terre en 1214 à la Roche-aux-Moines, ce qui lui valu de se voir proposer la couronne d'Angleterre par les barons anglais hostile à Jean sans Terre. Devenu roi de France en 1223, il s'appliqua à détruire le pouvoir de la famille des Plantagenêts en France en leur reprenant un certain nombre de territoires. Il mena ensuite la seconde croisade contre les albigeois en 1226 et reprit Avignon. C'est de retour de cette croisade qu'il mourut de dysenterie.

Louis IX (Saint-Louis)
(1214 - 1270)
Fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, il n'a que 12 ans quand il prend le trône. La régence est donc assurée par sa mère. Elle gardera le pouvoir assez longtemps, jusqu'en 1242. Roi très pieux, Louis continue l'œuvre de législation et d'administration de ses aînés. Il est entouré d'images populaires, il était très proche des miséreux de son royaume. Il dirigea deux Croisades, l'une (la septième croisade), en Égypte la seconde (la huitième, et dernière croisade) devant Tunis durant laquelle il mourut. Il espérait convertir le sultan de Tunis au christianisme et le dresser contre le sultan d'Égypte. La tradition veut qu'il soit mort de la peste mais cette maladie ne refera son apparition en occident que vers 1347. Louis IX fut canonisé en 1297 sous le nom saint Louis de France.

Louis X le Hutin
(1289 - 1316)
Louis X le Hutin (c'est-à-dire le Querelleur) est le fils du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ière. En 1305, il épousa en premières noces Marguerite de Bourgogne. Convaincue d'adultère avec la complicité de ses belles-sœurs (scandale de la Tour de Nesle), Marguerite fut condamnée à l'enfermement à Château-Gaillard, et la rumeur voudrait qu'elle y ait été étouffée, ou étranglée, à l'instigation de son royal époux. De son second mariage naît Jean Ier, enfant posthume. Se pose alors un problème de succession. A sa mort, son frère Philippe V prend le trône de France.

Enguerrand de Marigny
(1260 - 1315)
Il était chambellan et ministre du roi Philippe IV le Bel. En 1306, il était envoyé pour présider les finances de Normandie. Il a reçu de nombreux cadeaux et de l'argent de Philippe le Bel mais aussi une pension d'Édouard II d'Angleterre. Lors du règne de Louis X, dit le Hutin, il sera accusé de diverses malversations, altération des monnaies, saccage des forêts royales, détournements de fonds de l'Église, et même de sorcellerie. Il fut condamné lors d'un procès sujet à caution et pendu au gibet de Montfaucon en 1315. Son corps, ou ce qu'il en restait, resta exposé au gibet pendant deux ans, jusqu'à un nouveau procès qui le disculpa en 1317 et permis son inhumation dans la collégiale d'Écouens.

Mathilde de Flandre
(? - 1083)
Fille de Baudouin V, comte de Flandre, elle épousa en 1053 Guillaume le Bâtard, duc de Normandie. Suite à la conquête d'Angleterre, Mathilde devient reine. La légende lui attribue la fabuleuse tapisserie de Bayeux, véritable document de l'époque sur les costumes, l'architecture, et les mœurs du XIe siècle.

Jacques de Molay
(1243 - 1314)
Jacques de Molay est le dernier Grand Maître des Templiers. C'est un militaire plus qu'un politique, ce qui ne va pas être sans conséquences, dans la chute de l'Ordre. Maladroitement, les Templiers étaleront leurs richesses, tandis qu'on leur reprochera de n'avoir pas su garder la Terre Sainte, en insinuant qu'elle était devenue trop pauvre pour eux. En 1306, à la demande du pape Clément V, qui a le projet de faire des Templiers une milice pontificale, le quartier général du Temple est transféré à Paris. Philippe le Bel qui, depuis le palais du Louvre, a vu sur le donjon du Temple, prépare sa chute. Arrêté en 1307, et brûlé en 1314, Molay est célèbre pour la malédiction qu'il lance sur les Capétiens, faisant d'eux : des "rois maudits" selon l'ouvrage de Maurice Druon.

Guillaume de Nogaret
(1260 - 1314)
Le père de Guillaume de Nogaret était toulousain et fut condamné comme hérétique lors de la Croisade des Albigeois. Engagé au service du roi Philippe IV à Paris à la fin de 1295, Nogaret s'agrège dans le même temps à certaines institutions, le Parlement, et le Conseil du roi. Ses responsabilités s'accroissent à partir du tournant du siècle. Il est connu pour deux affaires religieuses importantes : l'attentat d'Anagni et la chute des Templiers. A Anagni, il tente d'emmener le pape jusqu'à Lyon, certains affirment qu'il aurait même giflé le souverain pontife. Il dirige en 1307, la rafle policière contre les Templiers, il meurt quelques temps après l'exécution du Grand Maître (malédiction ?).

Philippe Ier
(1052 - 1108)
Philippe Ier est le fils d' Henri Ier et d'Anne de Kiev. Il fut sacré roi à l'âge de sept ans, mais sa mère assura la régence du royaume jusqu'en 1066. Il épousa en premières noces Berthe de Hollande puis Bertrade de Montfort. La répudiation de Berthe de Hollande entraîne l'excommunication du pape Urbain II qui l'écarte de la Première Croisade. Pendant la plus grande partie de son règne, Philippe Ier dut écraser les révoltes de ses vassaux. En 1077, il fit une paix avec Guillaume Ier d'Angleterre, duc de Normandie, qui renonça à ses droits à la Bretagne. En 1082 Philippe annexa le Vexin, et en 1100 il prit contrôle de Bourges. A sa mort, Louis VI, son fils aîné lui succède.

Philippe II Auguste
(1165 - 1223)
Philippe II succède à son père Louis VII le Jeune à l'âge de 15 ans. Dès lors, il lutte contre ses tuteurs de Flandre et de Champagne, et permet ainsi d'agrandir le domaine royal. En 1189, il part pour la troisième croisade aux côtés de Richard Cœur de Lion et de Frédéric Barberousse. Très malade, le roi doit rentrer en France. Il en profite alors pour mettre main basse sur les possessions anglaises sur le royaume de France. Mais Philippe doit bientôt faire face à une longue lutte contre son rival, rentré des Croisades. Le conflit est relancé à la mort de Richard Cœur de Lion. Philippe profite alors des erreurs du roi anglais Jean Sans Terre. La victoire de Bouvines (1214) permet à la monarchie capétienne de trouver une puissance jusque là inégalée. Le règne de Philippe est aussi marqué par l'embellissement de la capitale française et par de nombreuses réformes administratives.

Philippe III le Hardi
(1245 - 1285)
Philippe III le Hardi est le fils de Louis IX et de Marguerite de Provence (1221-1295). Il fut proclamé roi à Tunis à la mort de son père qu'il avait accompagné en croisade. Il était de caractère doux, soumis et versatile, presque écrasé par les fortes personnalités de son entourage. Il agrandit le domaine royal. Il soutint la politique sicilienne de son oncle Charles d'Anjou, après les massacres des Vêpres Siciliennes en 1282, le pape excommunia Pierre III d'Aragon considéré comme l'instigateur du massacre et donna son royaume à Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi. Après l'affaire de Sicile, Philippe III engagea la guerre contre l'Aragon, attaqua sans succès la Catalogne, il mourut à Perpignan suite à une retraite désastreuse, causée par les épidémies et le manque de ravitaillement.

Philippe IV le Bel
(1268 - 1314)
Philippe IV de France, dit Philippe le Bel est le fils de Philippe III et d'Isabelle d'Aragon. En 1284, il épouse Jeanne Ière de Navarre, et fut lui-même titré roi de Navarre. Son règne est marqué par des démêlés avec la Flandre (Mâtine de Bruges, défaite de Courtrai). Pour assainir les finances du royaume, il s'attaqua à ceux qui avaient de l'argent y compris les religieux dont l'Église catholique, les lombards, les juifs et les Templiers. Il fomenta l'attentat d'Anagni et installa Clément V comme pape qu'il fit résider à Avignon dans le sud de la France. Pour obtenir l'évacuation de l'armée française de la Guyenne à laquelle Édouard Ier avait permis le passage, Philippe le Bel s'engagea à marier Isabelle, sa propre fille, avec le futur Édouard II. Le 13 octobre 1307, les Templiers furent mis en prison puis torturés pour admettre l'hérésie dans leur ordre. Le grand maître, Jacques de Molay périt sur le bûcher, à Paris en 1314. Philippe mourut dans un accident de chasse. Il est également un grand législateur et administrateur.

Philippe V le Long
(1293 - 1322)
Philippe V de France, dit Philippe le Long est le second fils de Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ière. Il fut déclaré régent du royaume à la mort de son frère Louis X. Il accéda à la royauté à la mort du fils posthume de Louis X, après les États généraux de 1317 où il réussit à faire interpréter la loi salique en sa faveur. On le suspecta d'avoir joué un rôle dans le décès de son neveu, mort à quelques jours. Bon stratège, Philippe le Long arriva à vaincre les oppositions grâce à son esprit de décision, ce qui lui permettra de résoudre les problèmes flamands par la diplomatie. Il centralisa les différentes institutions pour les rendre plus efficaces. Il imposa l'utilisation d'une monnaie unique sur le territoire malgré l'opposition des seigneurs du Midi. Il tenta de normaliser les poids et mesures.

Pierre l'Ermite
(1050 - 1115)
Pierre l'Ermite est originaire des environs d'Amiens. En 1095, il se serait rendu en pèlerinage à Jérusalem d'où il serait revenu avec une lettre de Dieu ordonnant aux chrétiens de venir au secours de leurs coreligionnaires d'Orient. Il est le principal prédicateur de la première croisade. Orateur éloquent, il entraîne les éléments populaires vers la Terre sainte en 1096, en haranguant les foules qu'il rencontre. Après l'échec de la croisade populaire, il se joint à Godefroi de Bouillon et participe au siège de Jérusalem en organisant des processions autour de la ville. A la fin de la croisade, il revient en Occident avec des reliques.

Raymond IV de Saint-Gilles
(? - 1105)
Comte de Toulouse, il succéda en 1088 à Guillaume IV son frère. Il fut le premier des croisés (1095), le plus puissant et le plus distingué par ses talents et sa loyauté. Il fit vœu en quittant Toulouse de consacrer le reste de sa vie à combattre les infidèles. Il partit à la fin d'octobre 1096 à la tête de la troisième armée des croisés après avoir confié à son fils Bertrand l'administration de ses états. Il prit la route par l'Italie et retrouva les autres troupes à Constantinople. Il prit part au siège de Jérusalem et revint à Constantinople. En 1103, il alla mettre le siège devant Tripoli où il mourut en 1105.

Raymond VI de Toulouse
(1156 - 1222)
Comte de Toulouse, il est l'héritier de Raymond de Saint-Gilles qui participa à la première croisade. À Toulouse, il maintient les libertés communales. Poète raffiné, il n'aime pas la guerre mais ne manque pas d'énergie. L'assassinat du légat du pape provoque son excommunication et la croisade des albigeois. Après la prise et le massacre de Béziers, le siège et la prise de Carcassonne et la mort de Trencavel, il se rangea contre l'armée royale. Il reprend la ville de Toulouse à Simon de Montfort. La mort de Louis VIII lui rendra la plus grande partie de son comté.

Robert II le Pieux
(v.970 - 1031)
Fils de Hugues Capet, Robert II Le Pieux aura trois épouses, Rozanna (qu'il épouse à 16 ans), mariage raté. Il s'éprend ensuite de Berthe de Bourgogne, l'union étant stérile, il épousera alors Constance de Provence. Associé très vite au trône avec son père, il fera la même chose avec son fils Henri Ier. Il agrandit le domaine royal en obtenant notamment la Bourgogne après 12 ans de prétention. On lui attribuera des dons miraculeux qui lui vaudront le surnom de "Robert le Pieux".

Robert II Courteheuse ou Courtecuisse
(1051 - 1134)
Fils aîné de Guillaume le Conquérant, Robert Courteheuse - courte botte - reçoit la Normandie. Celle-ci retrouve l'indépendance mais aussi l'anarchie. En 1091, il signe un accord avec son frère Guillaume le Roux, roi d'Angleterre, prévoyant que si l'un des deux meurt, l'autre lui succède automatiquement. En 1096, Robert s'engage dans la première croisade et participe à la prise de Jérusalem en 1099. En 1100, Guillaume est tué lors d'une partie de chasse et Henri Beauclerc revendique aussitôt le royaume d'Angleterre. Robert revient de croisade et doit faire face à Henri qui souhaite également récupérer la Normandie. En 1106, Robert est battu, et est fait prisonnier.

Robert Guiscard
(1015 - 1085)
Le plus remarquable des aventuriers Normands issus du duché de Normandie. Il fera la conquête de l'Italie du Sud et entamera celle de la Sicile avec son frère cadet Roger de Hauteville. Il est le père de Bohémond de Tarente.

Simon IV, comte de Montfort
(1165 - 1218)
Simon de Montfort est issu d'une famille de rang baronnial d'Ile-de-France par son père et du baronnage anglo-normand par sa mère. En 1202, il embarque pour participer à la quatrième croisade. Il en ramènera un morceau de la sainte Croix qu'il offrira au monastère de Hautes Bruyères. En 1209 il fait partie de l'armée des croisés contre les Cathares, participant aux sièges de Béziers et Carcassonne. Après ce dernier, il est choisi comme chef de l'armée. Il ne tarde pas à devenir vicomte de Béziers et de Carcassonne. En 1213, il défait l'armée du roi Pierre II d'Aragon, qui est tué, à la bataille de Muret. Mais il meurt au cours du siège de Toulouse. Sa cruauté envers les cathares nous est bien connu, comme son courage au combat.

Suger
(1081 - 1151)
Né en 1081, ce fils de serf se hissera au sommet du pouvoir de l'Eglise et de l'Etat. Il sera moine de l'abbaye de Saint-Denis dont il deviendra l'abbé en 1122. Devenu conseiller des rois Louis VI et Louis VII, Suger mènera une œuvre législative importante. Il organise le mariage entre Aliénor et Louis VII. Celui-ci lui confiera la régence du royaume entre 1147 et 1149, le temps de conduire la deuxième croisade. Suger devra combattre l'insubordination des seigneurs féodaux et d'une partie des membres du clergé. Il fera reconstruire la façade, la crypte puis le chœur de l'église abbatiale dans un nouveau style appelé ensuite gothique. Suger laissera derrière lui plusieurs ouvrages parmi lesquels la vie des rois Louis VI et Louis VII.

Tancrède de Hauteville
(? - 1112)
Parti pour la première croisade en 1096 avec son oncle Bohemond de Tarente, il s'empara de Tarse, d'Adana et de Mamistra. Il se distingua au siège d'Antioche et planta le premier son étendard sur Jérusalem. Investi de la principauté de Galilée avec Tibériade, il gouverna la principauté d'Antioche en l'absence de son oncle et fut chargé d'administrer le comté d'Edesse pendant la captivité de Baudouin du Bourg (1104/08). A sa libération, il lui rendit Edesse de mauvaise grâce, s'allia contre lui avec les Turcs et le battit sur les bords de l'Euphrate près de Turbessel. Tancrède a été immortalisé par Le Tasse qui dans sa Jérusalem Délivrée en fait le modèle des chevaliers.

Urbain II
(1042 - 1099)
Eudes de Châtillon devient pape sous le nom d'Urbain II en 1088. Archidiacre à Auxerre, puis moine à Cluny en 1070. En 1078, il devient cardinal évêque d'Ostie. Il préside alors plusieurs conciles. Il doit alors affronter le schisme du parti impérial, dont il triomphe. Il poursuit l'œuvre réformatrice de Grégoire VII. Il préside le concile de Clermont (1095) et y prêche la Croisade, conçue par lui comme un moyen d'unifier la chrétienté occidentale sous l'autorité pontificale. C'est aussi à cette occasion qu'il excommunie le roi de France Philippe Ier pour son remariage avec Bertrade de Montfort. Il meurt avant d'avoir eu connaissance de la prise de Jérusalem.


 
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