Brunehilde ou Brunehaut (Reine)

 

L’exécution de Brunehilde vue au XIXe siècle par Neuville.

Brunehilde ou Brouniakhildis (en germanique Déesse cuirassée, de Brunia qui veut dire broigne et Khildis la déesse de la Victoire), est une princesse wisigothe devenue reine des Francs.

Née en Espagne vers 547 et morte exécutée en 613 à Renève, elle a longtemps été nommée Brunehaut ou Brunehault par les historiens du Moyen Âge, puis par les historiens contemporains. Roger-Xavier Lantéri la nomme Brunehilde tandis que Bruno Dumézil conserve Brunehaut.

Biographie

Fille d’Athanagild, roi des Wisigoths, et de Goïswinthe ou Godesvinda, elle épouse Sigebert Ier, roi franc mérovingien d’Austrasie, au printemps 566.

Sa sœur aînée, Galswinthe est assassinée en 567. Elle était la femme de Chilpéric Ier, lui-même frère de Sigebert et roi de Neustrie. L’instigatrice est Frédégonde, concubine de Chilpéric. Ce meurtre va déclencher une longue guerre entre l’Austrasie et la Neustrie, au nom de la faide germanique, sorte de « vendetta ».

Sigebert Ier est assassiné en 575 par deux sicaires de Frédégonde, à Vitry (près de Tournai), alors qu’il venait d’être porté sur le pavois. Son fils Childebert II est sauvé et proclamé roi par les Austrasiens à Metz. Brunehilde est faite prisonnière par Chilpéric Ier, son beau-frère, et emmenée en exil à Rouen.

Elle réussit à séduire et à épouser Mérovée, son neveu et fils de Chilpéric Ier. Ce dernier le fait exécuter. Brunehilde retourne en Austrasie où son fils, Childebert II, est trop jeune pour gouverner. Elle assure la régence au grand mécontentement des Meilleurs, une aristocratie à l’origine de la féodalité, qui cherche à accaparer le pouvoir.

Chilpéric Ier sera assassiné en 584 en revenant d’une partie de chasse.

Devant l’hostilité des Meilleurs, Brunehilde se rapproche du roi Gontran Ier, frère de son premier époux Sigebert Ier, roi de Burgondie et de Paris. En 587, elle signe un traité avec Gontran Ier. Celui-ci adopte alors Childebert II sous l’influence de la reine.

À la mort de Gontran Ier en 592, Brunehilde règne en fait sur l’Austrasie et sur la Burgondie mais doit faire face aux attaques de Frédégonde et du fils de cette dernière, Clotaire II.

En 595, à la mort de Childebert II, elle exerce encore la régence au nom de ses deux petits-fils, Théodebert II en Austrasie et Thierry II en Burgondie. Mais ces derniers s’opposent, encouragés par les Meilleurs.

Toujours en guerre contre Clotaire II et en butte à l’opposition de l’aristocratie austrasienne, Brunehilde doit chercher refuge auprès de Thierry II, son petit-fils. Celui-ci mène alors la guerre contre son frère Théodebert II. Ce dernier est battu à Toul puis Tolbiac et tué en 612. Thierry II meurt quant à lui peu après en 613, probablement empoisonné, laissant le royaume à son fils Sigebert II âgé de 12 ans.

La noblesse d’Austrasie se révolte alors et décide de livrer Brunehilde à Clotaire II. Il fait exécuter trois de ses quatre arrières petits-fils ; le dernier est tondu puis enfermé dans un couvent colombanien. Et il fait supplicier Brunehilde durant trois jours. Elle est ensuite attachée par les cheveux, un bras et une jambe à la queue d’un cheval indompté – un chameau selon d’autres sources. Son corps est mis en lambeaux. Ses restes, finalement recueillis, sont apportés à l’abbaye Saint-Martin d'Autun qu’elle avait fondée.

Abhorrée par de nombreux chroniqueurs, elle est décrite comme rusée, belliqueuse, manipulatrice et marquée par la tradition germanique de la faide qui déchira les Mérovingiens sous son « règne ». Brunehilde, comme sa rivale Frédégonde, est restée dans l’Histoire comme une « mauvaise » figure. Elle était pourtant très cultivée, fait plutôt rare pour l’époque même parmi les rois et la noblesse. Et elle eut des partisans. Elle s’est efforcée de conserver l’autorité royale sur une aristocratie toujours un peu plus rebelle, et prompte à la confisquer.

Notons qu’elle avait une conception de l’État très contemporaine. Elle s’est vu reprocher par le « pape de Rome », de laisser les Juifs et les Chrétiens de son royaume fêter les jours de Pâque ensemble dans les mêmes lieux de culte… Elle répondit que les problèmes religieux étaient de la responsabilité des « papes » (les évêques), et non de la sienne. Elle était reine de ses sujets, pas de leurs âmes…

Postérité

Déformée par l’historiographie franque 

Dans un monde où s’imposait la coutume des Francs, elle a constamment cherché à préserver les restes d’une conception romaine de l’État et de la justice. La misogynie de l’époque et des temps postérieurs expliquent en grande partie les légendes noires dont est encore victime sa mémoire.

Legs

Elle s’attacha à entretenir les routes de communication, ainsi les nombreuses voies romaines qu’elle restaura portent le nom de chaussée Brunehaut. Comme Mélusine, elle est dans le légendaire des « bâtisseuses ».

Bibliographie

Biographies

  • Étienne Aignan, Brunehaut ou les Successeurs de Clovis, tragédie, Paris, 1810.
  • Bruno Dumézil, La reine Brunehaut, Paris, Fayard, 2008 (ISBN 978-2-213-63170-7).
  • Antoine Flobert, Étude sur Brunehaut, 1860.
  • Roger-Xavier Lanteri, Brunehilde, Perrin, Paris, 1995. (ISBN 2-7028-1396-8)
  • Népomucène Lemercier, Frédégonde et Brunehaut, tragédie, 1821.

Romans historiques

  • Jean-Louis Fetjaine, Les Voiles de Frédégonde, Belfond, Paris, 2006 (ISBN 978-2-298-00115-0).
  • Jean-Louis Fetjaine, Les Larmes de Brunehilde, Belfond, Paris, 2007, (ISBN 978-2-714-44266-6).
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