Childéric I


Childéric Ier
Roi des Francs Saliens
« Childerici Regis ». D'après l'anneau sigillaire trouvé dans la tombe du roi Childéric à Tournai en 1653. Buste du roi, vu de face, les cheveux longs jusqu'aux épaules, partagés par une raie médiane. Il est cuirassé, le paludamentum sur l'épaule gauche, et tient une lance de la main droite. Bibliothèque Nationale de France, Paris

Règne
457 - 26 décembre 481
Dynastie Mérovingiens
Titre complet Roi des Francs Saliens
Prédécesseur Mérovée
Successeur Clovis Ier

Biographie
Naissance Vers 436, Westphalie
Décès 26 décembre 481
Tournai, Belgique
Père Mérovée
Mère X
Conjoint(s) Basine de Thuringe
Descendance Clovis Ier
Audoflède
Lanthilde
Alboflède

Autres fonctions
Période
-
Président {{{président1}}}
Monarque
Gouverneur général {{{gouverneur1}}}
Prédécesseur
Successeur

Période
-
Président {{{président2}}}
Monarque
Gouverneur général {{{gouverneur2}}}
Prédécesseur
Successeur

Roi des Francs

Biographie

Childéric Ier « Puissant à la guerre », Hilde-Rik en vieux francique[1] (né vers 436 en Westphalie, mort le 26 décembre 481 à Tournai). Hissé sur le pavois en 457. Fils de Mérovée (415-458) il lui succèda en 457, et épousa en 463 Basine de Thuringe, dont il eut pour fils Clovis Ier, et trois filles: Audoflède (qui épouse en 493 Théodoric, roi des Wisigoths), Lanthilde, et Alboflède.

Aussitôt qu'il fut parvenu au trône, fut forcé de le quitter en raison d'une conspiration générale. Il y remonta glorieusement, rappelé par les vœux et les regrets de toute la nation franque. Il passa pour l'homme le mieux fait de son royaume, doué d'esprit et de courage. Mais ce « coureur de femmes » s'abandonnait trop facilement à l'amour. Les seigneurs Francs, sensibles aux outrages faits à leurs femmes, se liguèrent pour le détrôner. Contraint de céder à leur fureur, il se retira en Germanie, où il montra que rarement l'adversité corrige les vices du cœur, en séduisant Basine, épouse du roi de Thuringe, son hôte et son ami.

Après sa fuite, les Francs choisirent pour lui succéder Ægidius, le commandant gallo-romain des troupes de Gaule. Un Franc, Viomade, resté secrètement fidèle de Childéric, profita alors du crédit qu'il avait sur l'esprit du nouveau roi, pour l'engager dans des actes qui ne pouvaient que le rendre odieux aux Francs. Les exactions du nouveau monarque firent regretter le prince en exil, qui fut finalement rappelé. Le Franc lui ayant renvoyé, selon qu'ils en avaient convenus, la moitié d'une pièce d'or, qu'ils avaient rompue, lorsqu'ils s'étaient séparés. Childéric revint, livra une bataille qu'il remporta, ce qui lui permit de remonter sur le trône, d'où il avait été chassé à cause de ses galanteries.

La reine Basine de Thuringe quitta son mari, pour suivre Childéric. Le roi l'épousa au grand scandale des gens de bien, qui réclamèrent en vain le respect des droits sacrés du mariage et des lois inviolables de l'amitié. De ce mariage naquit Clovis Ier.

La fin de son règne fut marquée par plusieurs exploits glorieux. Le désir de regagner l'estime de ses sujets, réveillèrent le courage de Childéric. Il lutta d'abord contre les Wisigoths qui, depuis le sud de la Gaule, menacaient Orléans, puis en 468, il défit près d'Orléans le roi des Saxons, qui occupait la Loire et menaçait Angers.

En 476, cinq années avant sa mort, le dernier empereur romain d'Occident fut déposé par Odoacre, le chef des mercenaires. Celui-ci envoya à l'empereur romain d'Orient qui siégeait à Constantinople, les insignes du pouvoir impérial qu'il estimait caduc. Depuis longtemps déjà, les Germains s'étaient constitués des royaumes à leur mesure dans l'espace de l'Empire romain d'Occident. La chute définitive du pouvoir impérial à Rome ne fut finalement que la constatation d'une réalité politique.

Il mourut en 481, dans la vingt-quatrième année de son règne.

Le tombeau de Childéric

Le 27 mai 1653, un ouvrier qui travaillait à la démolition d'une maison longeant le cimetière de l'église Saint-Brice de Tournai mit au jour un caveau contenant de nombreux objets précieux : une épée d'apparat, un bracelet torse, des bijoux d'or et d'émail cloisonné avec des grenats, des pièces d'or, une tête de taureau en or et un anneau portant l'inscription CHILDERICI REGIS (« du roi Childéric »), qui permit d'identifier la tombe. On découvrit également 300 cigales d'or, qu'on prit d'abord pour des fleurs de lis puis pour des abeilles. L’archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas espagnols, fit publier un rapport en Latin, et le trésor fut d'abord confié aux Habsbourgs de Vienne, puis offerts en cadeau à Louis XIV. Ce dernier les fit conserver à la Bibliothèque royale (auj. Bibliothèque Nationale de France). Napoléon s'intéressa beaucoup au trésor de Childéric et fit des abeilles un symbole héraldique remplaçant la fleur-de-lys des Capétiens[2].

Abeilles en or provenant de la tombe de Childéric.

Le trésor de Childéric, avec 80 kg d'objets en or, fut volé à la Bibliothèque royale dans la nuit du 5 au 6 novembre 1831, et l'or refondu. On ne retrouva que quelques pièces (dont deux abeilles) dans la Seine, où on les avait jetées. Il ne subsiste aujourd'hui du trésor que les belles gravures qui en ont été dressées lors de sa découverte, et par quelques facsimile que les Habsbourg avaient fait fabriquer.

Notes et références

  1. Dominique et Michèle Frémy, Quid 2003, éditions Robert Laffont, page 629.
  2. Cf. Colette Beaune, Naissance de la nation France, vol. III : Le roi, la France et les Français, Gallimard, coll. « Folio histoire », « VIII - Les lys de France », p. 324.
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