Clodion le chevelu

Clodion
Roi des Francs Saliens
« Clodion roy de France » par Jean Dassier (1676-1763). Buste du roi à gauche coiffé d'un chapeau garni d'une couronne barbare. Bibliothèque nationale de France. NB : Cette représentation fantaisiste ne correspond à aucune réalité historique.

Règne
Vers 420 - 448
Dynastie Mérovingiens
Titre complet Roi des Francs Saliens
Successeur Mérovée

Biographie
Naissance Vers 395
Décès 448
Conjoint(s) X
Descendance Mérovée

Autres fonctions
Période
-
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Monarque
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Prédécesseur
Successeur

Période
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Monarque
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Prédécesseur
Successeur

Roi des Francs

Clodion dit le Chevelu [1] (vers 395 - 448) était chef des Francs saliens et le premier roi de la dynastie des Mérovingiens au début du Ve siècle.

Biographie

En 428, Clodion apprend que les villes de la Belgique Seconde sont sans défense. En effet, le général romain Aetius a prélevé beaucoup de soldats de ces territoires pour combattre ses ennemis les Wisigoths. Surprises, les troupes romaines qui gardaient les passages sont défaites, Clodion bat facilement les garnisons restantes et s'empare de Tournai, emporte Cambrai du premier assaut et réduit tout le pays des environs jusqu'à la Somme. En fait, plus que des pillages faciles, il cherche à conférer à son autorité de roi guerrier une assise territoriale, qu'il veut voir s'étendre sur le riche territoire entre le Rhin, la Somme, la Meuse et la mer du Nord.

En 431, Clodion qui célébrait les noces d'un grand seigneur de son armée près du bourg d'Helena — sans doute près d'Arras — est attaqué par le général Aetius et son lieutenant Majorien. Le général voulait reprendre les territoires annexés par les Francs. Clodion, qui n'était pas préparé à l'affrontement, est contraint de fuir et perd tout ce qu'il avait conquis sur l'Empire romain en deçà du Rhin. Cependant, conscient qu'il n'avait pas les moyens militaires pour occuper à nouveau le territoire, Aetius préfère négocier la paix et conclut avec Clodion un traité (fœdus) qui fait des Francs, des « fédérés » combattant pour Rome, et les autorise à s'installer dans l'Empire, en l'occurrence près du fisc impérial de Tournai. Il s'agit là des origines du futur royaume franc de Clovis Ier.

Après vingt ans de règne, Clodion meurt vers l'an 448. On ne sait ni le nom de sa reine, ni le nombre de ses enfants. Il serait le père de Mérovée.

Légendes autour de Clodion 

La légende sur la naissance de Mérovée

Il existe une légende sur Clodion ou plus exactement sur Mérovée. Grégoire de Tours n'a pas voulu la reprendre car elle était trop païenne. Mais Frédégaire, chroniqueur de VIIe siècle, moins regardant, nous la donne.

La voici résumée par Godefroid Kurth : « Un jour que la reine, femme de Clodion, se baignait dans la mer, un dieu s'unit à elle, et de cette union naquit Mérovée, le héros éponyme de la dynastie franque. » Le dieu en question est une "Bistea Neptuni", un Quinotaure, un dieu fluvial cornu. Cette fable semble très ancienne, elle nous dit ce que Grégoire de Tours ne nous dit pas : Mérovée avait pour mère la femme de Clodion.

Généalogies tardives

  • Selon l'auteur du Liber Historiae Francorum le père de Clodion le Chevelu serait Pharamond, qui lui-même serait le fils de Marcomir. Cette généalogie, écrite plus de 330 ans après les faits, est reconnue par les historiens contemporains comme fabuleuse.
  • Des généalogistes des XXe siècle et XXIe siècle lui ont inventé de toutes pièces une famille (Blésinde, Inbergide, Argotta, Clénus, Hildegonde, Clodeswinthe, Chodebaud, Alberic, Adalbert...). Ces personnages sont des Faux Mérovingiens et n'ont aucune valeur historique.

Sources, études et notes

Sources

Voici les deux sources d'époque sur Clodion :

1) Sidoine Apollinaire :

« Quand il défendit Tours qui redoutait la guerre, tu [Aetius] n'étais pas là : peu de temps après, vous combattiez ensemble dans les plaines ouvertes de l'Artois, que le Franc Clodion (Cloio) avait envahies. Il est en ces lieux un carrefour où les routes aboutissent à un étroit chemin ; la chaussée resserrée, placée sur pilotis, traverse au bout d'une longue distance le bourg d'Helena dominé par l'arche d'un point et en même temps un court d'eau. C'est là-bas que tu avais pris position et Majorien à cheval combattait au pied même du point. Par hasard, sur une colline proche de la rive, on célébrait bruyamment un mariage barbare et au milieu des danses nordiques la nouvelle épousée était unie à un mari aussi blond qu'elle. Majorien, dit-on, leur fit mordre la poussière ; son casque résonnait sous les coups et sa cuirasse, opposant ses écailles au choc des lances, détournait de lui la blessure, jusqu'au moment où l'ennemi battu tourna le dos. »
    — Sidoine Apollinaire, Panégyrique de Majorien, 458 - traduction d'André Loyen.

2) Grégoire de Tours :

« On rapporte également que Clodion, qui était alors un homme capable et très noble dans sa nation, a été roi des Francs ; il habitait dans la forteresse de Dispargum, qui est dans le territoire des Thuringiens. Dans ces contrées, mais au midi les Romains habitaient jusqu'au fleuve de la Loire. Au-delà de la Loire les Goths dominaient. Les Burgondes qui suivaient aussi la secte d'Arius habitaient de l'autre côté du Rhône qui coule près de la cité de Lyon. Quant à Clodion, il envoya des éclaireurs dans la ville de Cambrai, et quand tout fut exploré ; lui-même lui suivit ; il écrasa les Romains et s'empara de la cité où il ne résida que peu de temps, puis il occupa le pays jusqu'au fleuve de la Somme. Certains prétendent que de sa lignée est sorti le roi Mérovée, de qui Childéric fut le fils. »
    — Grégoire de Tours, Histoire des Francs, 592 - traduction Robert Latouche.

Etudes

Voici quelques indications donnés par l'historien belge Godefroid Kurth dans son Histoire Poétique des Mérovingiens :

1) Sur la source d'information de Grégoire : « Il existait donc, au temps de Grégoire de Tours, si mes conjectures sont fondées, un chant populaire sur la prise de la Gaule belgique par les francs de Clodion. Et notre narrateur, fidèle à son procédé, a extrait de ce document la seule chose qu'il considérât comme historique. »

2) Sur ce qu'on peut tirer des deux textes : « Un fait cependant est certain, c'est que Clodion a en effet guidé les Francs à la conquête de la Gaule Belgique. [...] Clodion avait pénétré avec son armée dans les vastes campagnes de l'Artois. [...] Campé auprès du Vicus Helena, les guerriers francs célébraient joyeusement la noce d'un des leurs lorsque soudain, par la chaussée, Aetius déboucha dans la vallée [...]. En un clin d'œil, le désordre des combats succède au désordre de la noce. [...] Cet épisode de la carrière militaire d'Aetius se place vers 431.[...] On ne sait d'ailleurs pas comment les choses se sont passés après le succès remporté par Aetius. Il peut avoir traité avec les barbares immédiatement après sa victoire, et leur avoir laissé le pays où ils s'étaient établis [...]. Clodion, d'autre part, peut s'être étendu vers le sud à la faveur de ce traité, avec la qualité d'allié ou de confédéré. »

3) Sur son ascendance : « Clodion est le plus ancien roi que les chants populaires des Francs saliens aient fait connaître à Grégoire de Tours. »

Notes

  1. Le surnom « le Chevelu » viendrait de cette phrase de Grégoire de Tours à propos des premiers rois Francs : « (Les Francs) ils auraient créé au-dessus d'eux dans chaque pays et chaque cité des rois chevelus appartenant à la première et, pour ainsi dire, à la plus noble famille de leur race. » Clodion serait ainsi le « roi chevelu » de la ville de Dispargum. Cette localité n'est pas identifiée. Les identifications qui ont été proposée - Duisburg situé entre Louvain et Bruxelles en Belgique, Duisbourg en Allemagne - sont conjecturales.
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