Le chateau de Linchamps,forteresse d'Ardenne,verrou de la Semoy

Le Château de Linchamps

Etude réalisée par Claude Brouet et Danièle Vallet



Lorsque l'on marche en forêt d'Ardenne, il arrive en un certain endroit que l'on se retrouve face à un énorme escalier taillé dans la roche et recouvert de mousse, sans avoir pu même soupçonner sa présence trente secondes auparavant. Nous sommes ici sur le cours supérieur de la Semoy française à hauteur du hameau de Nohan (commune de Thilay), à quelques 10 km de son confluent avec la Meuse à Monthermé. En amont, la frontière belge se trouve à environ 5 km. Cette position constituait dans les siècles passés, un verrou contrôlant une voie de communication dans une zone limite entre le royaume de France et l'empire germanique.

L'escalier du "petit paté" , Photo C. Brouet.
Le site est celui d'un éperon rocheux dominant d'environ 90 m un méandre de la rivière doublement barré :
- au nord, par une entaille naturelle dégagée par l'érosion
- au sud, par un large fossé en croissant et au profil en U
L'ensemble castral s'allonge du nord au sud sur 250 m, pour une largeur variable allant jusqu'à 120 m, dans sa plus grande dimension.
Linchamps était une pièce maîtresse dans la défense de la basse Semoy, un puissant rempart protecteur du royaume.
Aujourd'hui, des blocs épars, des murailles renversées, des pierres disjointes forment, sous le manteau végétal, un chaos difficilement identifiable.
De nombreux textes historiques du XIII° siècle nous apprennent que Linchamps avait d'abord été un domaine souverain, une terre franche, avant d'être peu à peu englobé dans le système féodal et placé sous la dépendance de ses puissants voisins.
Quant au château lui-même, son existence n'est clairement établie qu'au début du XVI° siècle.
Cependant, le site révèle des formes architecturales antérieures, caractéristiques de l'époque médiévale.
Notons cette citation de Dom Lelong, écrite en 1783 dans son "Histoire ecclésiastique du diocèse de Laon" :

" Linchamps était un château bâti dans le XII° siècle, isolé, fort sur son assiette, mais dans une position malsaine où l'on ne vivait que de brigandage… "
L'excellence d'un tel site n'a pu ne pas être exploitée.
De plus, si l'on observe la carte des 16 principaux châteaux sur la Semoy, entre Florenville et Monthermé, on ne peut que constater leur espacement formant une chaîne cohérente.
En archéologie, l'absence de preuve ne constitue pas une preuve de l'absence.

Vestiges de maçonnerie du château
Photo Dominik Photo

La carte suivante nous montre les seize principaux châteaux de Semoy entre Florenville et Monthermé. Tous sont antérieurs au XIII° siècle et la plupart au XII° siècle et peu présentent une position aussi avantageuse que celle du château de Linchamps. Il est remarquable de constater qu'après le XIII° siècle, aucun château féodal du type de celui de Linchamps n'a été construit en Semoy. Notons également qu'en Meuse nombre de châteaux sont antérieurs au XII° siècle : Montcy-Notre-Dame "Château des fées" (X° siècle), Warcq (X° siècle), Mézières (X° siècle).
Principaux châteaux médiévaux en vallée de Semoy

1) CHINY "Castrum comtal" XI° siècle
2) AZY antérieur au XIII° siècle
3) HERBEUMONT XII° siècle
4) BERTRIX "le château des fées", IV° siècle,
    phase finale : XI°-XII° siècles
5) CUGNON "la tour médiévale" XIII° siècle
6) CUGNON "Su champs" antérieur au XIII° siècle
7) BOUILLON "la Ramonette" X° siècle
8) BOUILLON "le Château" XI° siècle
9) UCIMONT "Château le Duc" IX°-X° siècles
10) VIVY "château de Liresse" VIII°-XI° siècles
11) ROCHEHAUT "bouche à Bonru" antérieur au XIII° siècle
12) FRAHANT "Montragut" ? - Pourrait être du XIII° siècle
13) ORCHIMONT X°-XI° siècles
     (érigé sur les traces d'un castellum gallo-romain)
14) SUGNY "Tchesté de la Rotche" VIII°-IX° siècles
15) BOHAN "le Châtelet" antérieur au XII° siècle
16) CHATEAU REGNAULT XII° siècle
17) LINCHAMPS origine inconnue. Souvent attribuée au XVI° siècle, ce qui en ferait une exception anachronique en tant que seul château fort médiéval construit sur la vallée de Semoy après le XIII° siècle.




Plan du château de Linchamps
Bibliothèque municipale de Charleville-Mézières
Ce plan qui semble peu connu est attribué à Sébastien Pontault de Beaulieu (1612-1674), dessinateur et topographe militaire, ingénieur et maréchal de camp français. Ce même De Beaulieu, a effectué le relevé du plan suivant. On serait donc en droit de voir des similitudes entre ces deux travaux. Or, il n'en est rien puisque cette représentation où figurent "le corps de la place" et la "basse cour" ne s'intègre pas dans le second plan. Seul les tracés des chemins, par leurs courbures et leur orientation d'ensemble paraissent présenter des analogies. En revanche, ce plan est caractéristique de ceux des châteaux du XIII° siècle, par sa forme polygonale, sa courtine et ses tours ouvertes à la gorge. Il est bastionné et muni d'un cavalier avec deux tours, aménagements rendus nécessaires par le développement de l'artillerie (XVI° siècle).
L'absence d'échelle ne permet pas d'en évaluer les dimensions.
Ce plan pourrait être une copie d'un travail plus ancien.

Ce plan provient du milieu du XVIIème siècle. Le relevé en a été effectué par De Beaulieu (déjà cité) mais il est signé De la Pointe qui en a effectué la gravure. Moult fois reproduit il est généralement fort connu. Il constitue une pièce essentielle mais qu'il convient de bien situer dans le temps. Il concerne en effet les dernières années de vie du château de Linchamps, peu avant sa destruction définitive ordonnée par Louis XIV. Il est donc exclu de voir là le domaine de Jean de Louvain, un siècle environ plus tôt, comme cela a été trop souvent facilement fait. En effet après la chute de Louvain et la destruction du château en 1550 sous le règne d'Henri II, sa reconstruction, son évolution par les Clèves et ensuite par le Duc de Guise avaient nécessairement conduit à de grandes modifications et à une extension du domaine bâti. En revanche, dans ce contexte, il paraît certain qu'au sein du site actuel, et en filigrane de ce deuxième plan, les traces des domaines successifs existent et sont à découvrir dans le brouillard des imbrications et des superpositions.



Plan de Linchamps en Champagne (Va 8 H 110.795)
Cliché Bibliothèque nationale de France. Paris.

Plan du château de Linchamps réalisé par C. Brouet et D. Vallet (1995)
Ce plan est un relevé topographique précis effectué par les auteurs de l'étude pour l'essentiel en 1993-1994. Il porte sur les principaux vestiges du château, murets, maçonneries et roches taillées.
Nombre de roches, y compris certaines portant trace de la main de l'homme, n'ont pu être reportées, beaucoup ayant basculé et ne présentant plus une position significative.
Le Nord pris en considération est le Nord magnétique ; les mesures d'angles ont été faites au théodolite et celles des distances à la chaîne et au télémètre à coïncidence.
Ciquez sur une zone pour l'agrandir et consulter la légende
La comparaison entre ce plan et le précédant , celui de De Beaulieu et De La Pointe, présente un intérêt majeur.
Les principales zones du château se retrouvent aisément sur chaque plan, malgré quelques écarts d'orientation par rapport au Nord et entre les zones elles-mêmes.
Ces analogies évidentes ont permis un meilleur repérage sur le terrain et des identifications de vestiges.

La zone Sud comprend en partant de l'extérieur au Sud, un fossé taillé en U et épousant la forme d'un croissant. Ce fossé pourrait être du XIII° ou du XIV° siècle. Une motte semi-circulaire ou bastion Sud s'élève vers le Nord directement de ce fossé en constituant la structure essentielle de cette zone appelée "petit paté" sur le plan de De Beaulieu.
Tombant verticalement sur une plate-forme située en son Nord, ce sommet du rocher constitue un terre-plein d'environ 20 m sur 10 m. Il est délimité en son Est et son Ouest par des alignements de roches taillées d'environ 90 cm d'épaisseur.
Sur le sommet, dominant la Semoy face à l'Est, on distingue une cavité rectangulaire taillée dans le roc sur trois côtés. Tout laisse à penser qu'il s'agit de la base d'un poste de guet ou d'une cannonière.



Fossé taillé en "U" de style XIII°-XIV° siècle et retaillé d'un chemin au XIX° siècle.
Photo C. Brouet.



La rigole taillée le long de l'escalier que l'on voit à gauche.
Photo C. Brouet.

Mais ici, un important escalier reste le plus remarquable vestige.
Par de puissantes marches, larges et hautes, il relie la plate-forme Nord au sommet du rocher. Parallèlement à cet escalier, se trouve une longue saignée taillée dans la pierre qui pouvait être une rigole de récupération des eaux de pluie.
Le plan de De Beaulieu nous présente une citerne située sensiblement au pied de l'escalier.
L'hypothèse d'un escalier couvert paraît assez logique.
La largeur et la profondeur des marches offraient en effet la possibilité de construction d'un mur côté extérieur tout en laissant un espace de passage suffisant à l'intérieur.

Finalement, nous avons la conviction que le rocher a été construit d'autant que des traces significatives subsistaient après la destruction définitive du château.
Lancelot vers 1865, nous laisse une gravure représentant une importante tour au sommet de l'escalier.
De même, les cartes de Pierre Duval datées de 1668, 1675 et 1679 mentionnent "la tour de Linchamps".
Or cette tour ne figure pas sur le plan du XVIIème siècle alors que ses vestiges y sont postérieurs. Il se peut que cette tour particulièrement exposée ait été abandonnée par application des nouveaux principes de défense au profit d'un point fort avec canonnière.
Ainsi serait expliquée l'absence de représentation sur le plan de De Beaulieu d'une tour devenue obsolète mais dont auraient subsisté des vestiges.



Poste de guet ou cannonière
Photo C. Brouet.



La motte du "petit paté", vue depuis le fossé
Photo C. Brouet.

L'ensemble de ces observations :
      - motte bordée par un fossé en U
      - tour ignorée au XVII° siècle
      - site défensif
engendre l'hypothèse de l'existence d'un château plus ancien en ces lieux.
Dès lors que l'on remarque qu'en 1265 la terre de Linchamps a été cédée au chapitre de Braux, on imagine l'intérêt qu'elle pouvait susciter et on peut regretter ne pas connaître les sources qui permettaient à Dom Lelong de dater l'origine du château au XII° siècle.

La zone intermédiaire en quittant le "petit pâté" nous fait descendre l'escalier, et arriver sur une plate-forme. Moins accidentée avec toutefois une élévation sur sa partie Est, elle se termine au chemin suivant, plus au Nord, au pied du "cœur" du château.
Ici le passant distrait par le chant des oiseaux ou la beauté des lieux peut difficilement percevoir les témoins du passé, blottis sous la mousse ou à peine perceptibles sur les roches.
Cette zone semble être ignorée par monsieur De Beaulieu sur son plan du XVII° siècle.
Nous sommes ici en présence d'un trapèze d'environ 30 mètres sur 25 mètres dont le plus grand côté fait 40 mètres et le plus petit 17 mètres.
Un des points remarquables réside en un alignement de roches taillées situées sur la façade Ouest et d'une quarantaine de mètres de longueur. Basses, à ras du sol, doubles en certains endroits, ces roches laissent à penser qu'il pourrait s'agir d'un passage protégé.
Perpendiculairement, se dessine un autre alignement laissant apparaître ce qui aurait pu être une porte en prolongement d'un chemin venant de l'extrémité de la roche du Faucon et cet itinéraire paraît être le plus accessible aux cavaliers et aux charrois. Ces roches taillées conduisent au pied de l'escalier du "petit pâté", ce qui signifie que les deux zones ont été étroitement liées.
Les roches à fleur de sol du centre de cette zone sont marquées de traces de tailles.



Roche taillée oblique et concave
(base du premier château ?)
Photo Dominik Photo.



Fossé creusé en V
Photo C. Brouet.

Cette constatation sur les lieux, liée à leur configuration générale, les rend très propices à la construction de bâtiments, château primitif ? (aucune trace n'y demeure au milieu du XVII° siècle) ou bâtiment économique qui pourrait être une dépendance d'un château érigé sur le haut du "petit pâté" ?
L'ensemble se termine côté Nord par une importante roche dominant un chemin creux taillé en V. La taille de cette roche, oblique et concave, ainsi que le profil du chemin la longeant, est exécutée selon la méthode "romane", celle des XI° et XII° siècles, cette taille étant ensuite abandonnée au profit de la taille droite.
Aussi peu justifiée que cette hypothèse puisse paraître, il existe néanmoins de fortes présomptions pour envisager l'existence d'un château antérieur au XVI° siècle puisque l'on trouve des traces des XI° et XII° siècles sur cette partie intermédiaire et des XIII° et XIV° siècles sur le col situé au sud du "petit pâté".

La zone centrale ou "cœur" du château. Située au centre du site, cette zone mesure environ 115 mètres sur un axe Nord-Sud et 95 mètres d'Est en Ouest. Elle est généralement très bien protégée naturellement par des pentes abruptes et de hautes roches sauf sur sa façade Sud. Ce cœur du château est une sorte de nid d'aigle qui culmine sur la crête principale.
Les vestiges : murets, maçonneries, encoches taillées dans le rocher, sont particulièrement nombreux ici. Il ne saurait être question de les répertorier en totalité. Aussi, nous limiterons nous aux plus remarquables.
Dans le domaine de la maçonnerie, les points 1 et 2 du plan présentent un grand intérêt. On y découvre des murs au profil en dents de scie. La base de la tour 1 (sur le plan) devait probablement posséder un "mur bouclier" comportant un parement fixé au ciment sur la maçonnerie de base, celle que l'on voit.
Le but de cette façon de faire était de donner un effet particulièrement impressionnant à la construction et d'intimider ainsi l'assaillant. Mais en 2, il se peut que le bâtisseur ait utilisé la même technique à des fins de décoration d'une chapelle ou pièce, ce qui se pratiquait souvent.

Cliquer pour agrandir l'image
Mur bouclier de la tour Sud (cliquer pour agrandir l'image)
Photo C. Brouet.



Coin Nord Est du donjon, faîtage de batiment
Photo C. Brouet.

Bien que dans cette partie la plus élevée du château (située en 3 sur le plan), se dressaient probablement une tour et un donjon, le plan du XVII° siècle ne mentionne pas de donjon et cite seulement sur cet emplacement, une tour "ronde fort eslancée" et des "magazins et moulins" sur lesquels s'appuient, en direction du Nord-Ouest, les "casernes" (en 4 sur le plan).
Or, il se trouve que cela est en désaccord avec certains textes :
Le Père Norbert, capucin à Sedan écrivait :
"Le Château de Linchamps, situé sur un rocher est une place ancienne, très forte autrefois. En 1554, on y avait bâti un donjon voûté…"
et plus loin
"... en 1586, le château de Linchamps qui n'avait que le donjon, fut augmenté d'une grosse tour carrée à la porterie, de bastions et de bonnes murailles pour soutenir et couvrir le donjon. On y construisit aussi une citerne et des moulins à bras..."



Coin Nord Est du donjon :
1) Encoche verticale     2) Maçonnerie du donjon     3) faîtage de batiment
Photo C. Brouet.



Cannonière ou poterne.
Photo C. Brouet.
C'est en ce lieu également que, selon le plan du XVII° siècle, était située la dernière entrée après que le chemin d'accès ait franchi plusieurs murailles.
Une large encoche verticale à proximité du coin Nord Est du donjon est très probablement en rapport avec cela, d'autant que sa situation est en cohérence avec le plan du XVII° siècle.
Remarquons enfin, que sur le haut de la roche la plus élevée subsiste encore une partie de mur maçonné, témoin évident d'une construction qui a dominé le site.
Pour le reste, les roches sont fortement taillées d'encoches diverses et deux salles, dont l'une éboulée, appellent l'attention.
La plus petite est la plus intéressante par son ouverture en forme de canonnière. S'il n'est pas exclu qu'il y en ait eu plusieurs sur ce point haut, il se peut qu'il s'agisse en ce cas particulier d'un accès, disons une poterne par exemple.



Enchevêtrement d'escaliers.
Photo C. Brouet.



Chanfrein avec congé.
Photo C. Brouet.
Une quinzaine de mètres au Nord-Ouest du cœur du château un curieux enchevêtrement de petits escaliers se présente à nous. Dans son environnement immédiat, la roche est taillée en de nombreux endroits et on remarque plus particulièrement un " chanfrein avec congé ".
Cette zone rappelle une pratique courante au XIV° siècle par laquelle, face à la porte d'entrée, se situait un escalier monumental. Présentement, il pourrait s'agir de cela. L'entrée pouvait se faire par un pont-levis, vers le Nord-Ouest, s'appuyant sur la roche taillée avec éventuellement un cadre en bois.
Remarquons par ailleurs que la taille de la pierre, faite sur plusieurs niveaux laisse envisager que cette zone se rapporterait à deux ou trois époques différentes. Ainsi donc, l'escalier d'entrée initial aurait-il pu subir une réduction, d'où la disparition de son aspect monumental. Nous sommes encore ici en présence d'indices d'antériorité du château au XVI° siècle.



Un escalier rudimentaire.
Photo C. Brouet.

la zone Nord. Quittant le centre du site par un passage sous des roches éboulées à hauteur de la tour Nord, nous débouchons sur une plate-forme. Elle domine ce qui fut probablement une carrière en contrebas à son Ouest.
Un plan incliné gravit la roche et se termine par une entaille pratiquée pour positionner le treuil chargé de monter les pierres de construction.
De l'autre côté, un escalier rudimentaire ouvre la voie au bastion Nord auquel conduit une longue montée de 45 mètres sur une pente de 15%. Ici se trouve la partie la plus escarpée du site.
Elle se caractérise par une arête rocheuse qui se termine au Nord sur une faille. De part et d'autre, la pente du terrain est forte et à l'Est un alignement de roches renforce la capacité défensive des lieux. Au sommet se situait le bastion Nord qui, au XVII° siècle, faisait pendant avec le "petit pâté".
Point d'observation idéal, il permettait la surveillance des approches par le Nord.
Il possède en son centre un point fort taillé dans le roc (nommé le banc de la fileuse) qui pourrait être la survivance d'un emplacement de canon.
L'ensemble du rocher supérieur comporte des traces de tailles pouvant dater du XVI° siècle et laissant supposer l'existence d'une construction sur ce sommet. On peut par ailleurs imaginer que la rampe d'accès était protégée de chaque côté par des murailles reposant sur les alignements de roches toujours visibles. C'est d'ailleurs incontestablement ce que semble représenter le plan de Monsieur De Beaulieu du XVII° siècle.



Rampe d'accès au bastion Nord
Photo C. Brouet.



Roche taillée dite "le banc de la fileuse"
Photo C. Brouet.

Après ce tour d'horizon sur l'ensemble du site du château de Linchamps, aucune certitude ne peut être acquise sur les origines du domaine castral et sur son évolution au cours des siècles avant 1530. Mais de sérieuses présomptions existent quand à l'existence d'un domaine bâti antérieurement à celui de Jean de Louvain, au XVI° siècle. Cependant il conviendrait d'en avoir la certitude.
Qu'attendre d'ailleurs d'une observation en surface des lieux ?
Tout au plus, est-il permis d'émettre des hypothèses.
En fait avec les deux grandes destructions du château intervenues en 123 ans (1550 et 1673), l'histoire est à rechercher sous terre, au sein des décombres de la crête laminée.
Pour l'instant, il semble vital de sauvegarder le site afin que, le jour venu, un travail de restauration puisse déboucher sur la connaissance et la mise ne valeur de ce qui est, probablement, un trésor du patrimoine d'Ardenne. Car laisser un tel site en l'état conduirait en réalité à l'oubli et à l'ignorance.
Mais il serait insupportable d'entreprendre une telle démarche de manière "sauvage" par soi même : seul un travail rationnel, encadré et contrôlé peut être tolérable.
C'est pourquoi, la sauvegarde constitue l'acte primordial. Elle concerne chacun d'entre nous qui doit en avoir la préoccupation dans le respect et avec la finalité de préserver l'avenir sur le plan de la recherche.
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