Les graffiti

LA PROSPECTION

Il est possible de trouver des graffiti sur toutes les surfaces susceptibles d'être gravées par une pointe dure (pierre, bois, enduit...).

Leur existence est fonction de la nature des matériaux employés dans la construction ; ils seront inexistants ou peu nombreux sur un support trop tendre (tuf du château de Lavardin - Loir et Cher), granuleux (château d'Hérisson - Allier).

Dans un monument, ils peuvent être groupés à l'endroit où la pierre est la plus facile à graver. Ainsi, dans la cathédrale Saint-Gratien de Tours (Indre et Loire), les piliers des deux premières travées de la nef (XVe s.), portent de nombreux graffiti, alors que ceux des autres travées (XIVe s.), construits en pierre plus dure, n'en portent pas.

Dans un château, les graffiti se trouvent généralement en plus grand nombre, dans les endroits où l'on passait fréquemment, comme les couloirs, les escaliers, les chemins de ronde, ainsi que ceux où l'on stationnait, comme les salles de gardes, les cachots, les logis (porte, fenêtre, cheminée).

Dans un édifice religieux, on peut en trouver sur les piliers de la nef, les parois des bas-côtés, les portes, et le parement extérieur des murs, facilement accessibles.

En principe, les graffiti se trouvent à la hauteur d'un homme, debout, assis ou couché, par contre, les signes lapidaires1 (marques de tâcherons...) peuvent se trouver n'importe où sur le monument. De jour, on doit de préférence opérer la prospection lorsque le soleil éclaire obliquement le support des graffiti, en accentuant leur relief. On peut obtenir un bien meilleur effet, la nuit, ou à l'intérieur d'un monument mal éclairé, en promenant une lampe autour du graffito, pour obtenir des éclairages différents, en lumière rasante.

Il est à noter que certains détails ne se voient que sous un seul éclairage. Un graffito peut être rendu plus lisible de jour, en humectant superficiellement son support ou en le salissant légèrement en surface, avec de la poussière. En aucun cas, il ne faut utiliser de la craie de couleur ou un quelconque colorant, il salira irrémédiablement une pierre tendre, que l'on ne pourra ensuite brosser, sans risquer d'effacer le graffito ; il faut de même éviter de repasser au crayon. La prospection, pour être efficace, doit être effectuée méthodiquement, paroi par paroi, à partir d'un point à indiquer, ce mode de travail permet d'éviter la répétition.

LA REPRODUCTION

Copier un graffito, c'est le reproduire tel quel, sans interprétation ni complément d'aucune sorte.

Pour la reproduction, on dispose de plusieurs techniques, la plus simple est la copie directe, les plus efficaces, les copies mécaniques (calque, frottis, photographies). On choisira la technique à employer suivant l'intérêt du graffito, sa situation, la nature de sa réalisation. Avant tout travail de reproduction, il faut débarrasser la gravure des restes d'enduits qui peuvent modifier son relief, puis la brosser à sec et très légèrement lorsque le support est fragile.

La copie directe

Ce mode de reproduction doit être réservé aux graffiti inaccessibles, ainsi qu'à ceux qui sont faciles à dessiner, de par la simplicité de leur structure (marelle, cercle oculé, croix...). Les graffiti plus complexes doivent être relevés d'une autre manière, néanmoins il est bon parfois de compléter une reproduction mécanique confuse, par une copie directe. Il faut indiquer pour ce genre de reproduction, l'échelle. Il est aussi nécessaire, pour éviter les interprétations, que l'exactitude de la copie soit vérifiée par un tiers.

Le calque

Appliqué à des graffiti bien visibles tracés sur une paroi bien éclairée, la reproduction au calque fin (ex. :70 g. au m²), donne d'excellents résultats. Néanmoins, on lui préférera le frottis lorsque le support sera mal éclairé ; cela évitera des interprétations abusives provenant d'une mauvaise vision. Comme pour la copie directe, on doit vérifier très soigneusement la reproduction par calque et s'il y a lieu corriger les défauts.

Le frottis

Ce mode de reproduction, rapide et peu onéreux, permet d'obtenir une copie fidèle, lorsque la feuille de papier n'a pas bougé durant le relevé. Pour réaliser un frottis, on applique sur le support du graffito une feuille de papier mince, que l'on maintient fortement de la main gauche, pendant qu'on frotte régulièrement sa surface avec la mine largement dégagée d'un crayon. Peu à peu apparaît en couleur moins foncée le tracé du graffito. Pour terminer, on frotte légèrement la surface de la reproduction, pour répartir le graphite ; on la décolle du mur et on précise son tracé au crayon.

La photographie

L'emploi de ce procédé onéreux, difficile à employer sans expérience, ne se justifie que pour des graffiti d'un réel intérêt. Pour bien photographier un graffito de jour, il faut, comme pour la prospection, attendre qu'il soit éclairé par une lumière rasante, l'idéal étant de pouvoir prendre plusieurs clichés, à des heures différentes pour avoir plusieurs éclairages. Pour le photographier de nuit, on peut employer un procédé mis au point pour la reproduction des inscriptions antiques permettant de bénéficier des avantages de plusieurs éclairages, tout en ne prenant qu'un seul cliché. Pour cela, on place l'appareil sur un pied, juste en face du graffito, perpendiculairement à son support, on effectue les réglages nécessaires (dis- tance de prise de vue, ouverture de diaphragme). Ensuite, l'obturateur de l'appareil étant ouvert pour une pose de quelques secondes au moins, on promène une lampe de poche autour du graffito, en l'éclairant presque parallèlement à sa surface. Avec ce procédé, on obtient sur un seul cliché, par superposition de vues, toutes les ombres que les reliefs ont pu former sous des jours différents, durant la pose. Il faut matérialiser l'échelle sur le support.

L'ENREGISTREMENT

Pour que la reproduction d'un graffito puisse être utilisée par la suite, il faut l'accompagner d'un certain nombre de renseignements, permettant de le retrouver facilement, peut-être de le dater et de comprendre sa signification. En premier lieu, le monument est à nommer, ensuite on indique de manière exacte, la situation du support. On localise le graffito sur la paroi lorsqu'il est peu visible, par rapport à un point fixe, qu'on précisera sur le relevé. Il est aussi nécessaire de connaître la nature et l'âge du support, en faisant attention à ne pas être abusé par un remaniement ou une restauration. On notera les particularités s'attachant à la nature du trait, à son époque éventuellement.

Commentaires (1)

1. aggraphe (site web) 24/07/2010

La photo numérique reste le système le plus soft pour la préservation du graffito. Les prises sont illimitées, prendre les images sous divers éclairages si possible, sous différents angles, avec et sans flash, la lumière artificielle est à éviter (apport d'infra-rouges) enfin les logiciels de retouches sont tels que la mise en valeur des tracés n'est pas si difficile que ça.
Les photos réalisées même avec un compact récent sont de haute définition et ne coûtent pas grand chose. Enfin, il est facile d'insérer ces images dans un blog!

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