Réflexions sur les signes lapidaires

Introduction

Le Signe de Tâcheron est le signe distinctif que chaque tailleur de pierres devait graver sur une des faces de la pierre taillée afin que le chef de chantier put vérifier la qualité de son travail et dénombrer la quantité de pierres équarries pour le payer en conséquence. Il s'agit d'un signe d'identité qui exprime à la fois la responsabilité et l'identité de son ou de ses auteurs.

Ce signe n'est cependant pas le seul signe lapidaire que l'on trouve sur un grand nombre d'édifices et qui est en relation directe avec le métier de bâtisseur. Il y a un autre groupe très important, celui des signes utilitaires, dont la mission est de rendre plus aisé le placement des pierres dans la construction.

Le Signe de Pose permet aux maçons de superposer les pierres dans un ordre déterminé.

Les Signes d'Appareillage, ou Marques d'Assemblage sont destinés à faciliter la tâche du maçon dans le placement des pierres qui doivent se juxtaposer (fig. 1.A).


Fig. 1.A. Signes d'appareillage.


Quant aux Signes de Hauteur d'Assise, ils marquent toutes les pierres d'une même hauteur du même signe. Il s'agit généralement d'un chiffre romain, qui est fonction de la hauteur. La figure 1.B nous montre la relation entre la hauteur et les signes correspondants pour les châteaux forts du HautBarr et du Hohnack. Ce signe apparaît souvent comme deuxième signe à coté du signe de tâcheron. Grâce à ce signe, le maçon n'a plus besoin de mesurer la pierre qu'il pose, il lui suffit de grouper les pierres selon leurs hauteurs et de les prendre au fur et à mesure de ses besoins. Il s'agit déjà d'une sorte de standardisation, qui permet au tailleur de pierres la fabrication selon les épaisseurs des bancs tels qu'ils affleurent dans la carrière. Il en résulte une meilleure gestion du temps de travail, permettant par exemple aux ouvriers de la carrière de constituer un stock de pierres pendant la période hivernale, lorsque le maçon est réduit à l'inactivité.


Fig. 1.B. Relation entre la hauteur d'assise et le signe.
Châteaux forts du HautBarr et du Hohnack. (d'après R. Kill et B. Haegel)


Les Marques de Localisation, généralement des lettres combinées avec des chiffres, permettant de distinguer divers éléments semblables qui, dans une même construction, doivent être placés à des endroits différents, par exemple la fenêtre A avec les pierres AI, AII, AIII.... la fenêtre B, avec les pierres BI, BII, BIII..., et ainsi de suite.

Les Signes de Provenance renseignent le maçon sur la carrière d'où viennent les pierres. Ces signes ont leur importance si l'édifice à construire est fourni en pierres provenant de différentes carrières et dont les pierres ont des qualités techniques différentes.

Finalement, il y a le Signe de Destination, qui a son utilité si une même carrière fournit des pierres à différents chantiers.

Les autres signes lapidaires, tels les signes de passage, dont les plus connus sont les signes de compagnon apposés sur les murs de la Vis de SaintGilles dans le Gard, les signes marqués par les vagabonds sur les logis, renseignant sur l'accueil qui leur est réservé, et les graffiti de touristes n'entrent pas dans le cadre de nos réflexions

L'iconographie laisse souvent croire que les tailleurs de pierres travaillaient dans les environs immédiats du chantier. Prenons comme exemple le tableau de Van Eyck représentant Sainte Barbe. Nous voyons au premier plan Sainte Barbe, au second plan l'édifice en construction et adossée à celuici, la loge avec les tailleurs de pierres, le tout à des échelles différentes. Nous savons que l'enlumineur, très souvent, en groupant des scènes sur un tableau, représente une juxtaposition d'épisodes.

Pour les centres d'extraction de la pierre bleue (Ecaussine, Soignies, etc.), les documents d'archives le confirment, la taille de la pierre s'est faite à la carrière, de sorte que le transport pouvait se limiter aux pierres nécessaires pour la construction de l'édifice. Cela se conçoit aisément lorsqu'on connaît l'impact du prix du transport routier sur les matériaux pondéreux. On estime qu'au Moyen Age le prix de la pierre transportée par voie terrestre doublait tous les 20 km.

L'importance des signes utilitaires énumérés et décrits cidessus nous confirme que la taille de la pierre se faisait a la carrière, ce qui n'exclut pas un éventuel ajustement sur le chantier de construction. Le tailleur de pierres travaillait sur plan.


Historique

Les premiers signes du Moyen Age ont été trouvés sur des édifices datant de la fin du XIe siècle et du début du XIIe. Citons comme exemples la cathédrale de Worms (fig. 3.C.) et les signes de la figure 4.A. La grande propagation des signes se fait vers l'année 1150, et cela pas seulement en Allemagne, mais également en France, Espagne, Autriche et Angleterre. On trouve les mêmes formes de signes sur des édifices érigés par les templiers en Syrie.

Fig. 4.A. Signes de tâcheron typiques pour le XIIe et le XIIIe siècle.

Fig. 4.B. Signes du XVIe siècle.

Fig. 4.C. Signes du XVIIIe siècle.


Fig. 4. (d'après Winkelmuller O.)



Pourquoi cet essor dans la propagation des signes de tâcheron au XIIe siècle?

Les raisons en sont multiples. Les bâtisseurs se détachaient des loges qui étaient sous les ordres monastiques et commençaient à se grouper dans des loges laïques, ce qui leur donnait une liberté de mouvement plus grande.

Avec ce changement dans l'organisation du travail s'opérait également un changement dans le mode de rémunération, au payement à la journée succédait le payement à la tâche. Le style de la maçonnerie changeait, du moellon équarri (Bruchstein) on passait au carreau (romanischer Quaderstein), et, de ce fait le métier du tailleur de pierre était revalorisé par rapport à celui du maçon. Ce style de maçonnerie exigeait également un contrôle minutieux du travail réalisé par le tailleur de pierre.

Finalement le rayonnement des ordres de saint Benoît (Bénédictins) et de saint Bernard (Cisterciens) les mouvements de personnes engendrés par les croisades, et la liberté de choisir son lieu de travail.

Quel était le rôle des loges dans l'usage et la propagation des signes de tâcheron?

Un chercheur allemand du nom de HEIDELHOFF situe les loges moyenâgeuses les plus anciennes entre le VIe et le IXe siècle. Les loges monastiques ont connu leur apogée entre le IXe et le XIIe siècle. Ces loges ne formaient pas seulement des frères religieux comme bâtisseurs, mais également des frères convers (fratres conversi). Ces derniers furent de plus en plus nombreux à quitter les loges monastiques, et, dès 1300, les bâtisseurs

temporels étaient majoritaires et commençaient à former leurs propres loges, des loges laïques.

Toutefois, ces loges ne se laissaient pas incorporer dans les corporations des villes, mais restaient libres et indépendantes jusqu'au XVIIe siècle. Chaque loge avait ses règlements, qui s'étaient dégagés des règlements des loges monastiques et qui de ce fait avaient beaucoup de points communs. Après des réunions préliminaires à Strasbourg et Spire (Speyer), le "Deutscher Hüttenbund" fut fondé le 25 avril 1459 à Ratisbonne (Regensburg) Ce groupement était devenu nécessaire pour régler les différends qui surgissaient entre les différentes loges, mais surtout pour résister à la concurrence des corporations. Les loges ainsi réunies étaient subdivisées en quatre districts, à savoir Strasbourg, Vienne, Cologne et Berne.

Le règlement de Ratisbonne ne contient encore rien sur l'usage des signes. Le premier qui se prononce à ce sujet est celui établi à Torgau en 1462, et cela dans les articles 25, 26, 27, 30, 31 72 et 94. Les cinq premiers de ces articles se résument comme suit: L'apprenti qui a accompli cinq années d'apprentissage a droit à un signe. Le signe lui est remis par un maître lors d'une agape. Le nombre de personnes qui prennent part a cette agape est limité à dix compagnons et quelques ecclésiastiques. Le maître ne peut retarder à plus de 14 jours, après la fin de l'apprentissage, la remise du signe. Par contre, il peut donner le signe plus tôt, lorsqu'il n'a plus de travail pour l'occuper et que le compagnon est obligé de partir pour s'embaucher ailleurs. Si un compagnon qui a appris le métier dans une corporation ou dans une loge qui ne fait pas partie du groupement des loges veut avoir un signe, le maître demande d'abord l'avis des compagnons de sa loge. En cas d'accord, le signe lui est remis lors d'une messe. Il doit verser de l'argent à la trésorerie de l'église et payer une agape pour les compagnons.

L'article 72 du même règlement stipule que le compagnon qui a apposé son signe avant que le maître ait effectué un contrôle qualitatif doit payer une amende.

Nous savons que les tailleurs de pierres qui travaillaient sur le chantier de la cathédrale de Prague lors des années 1372 à 1378 n'étaient rémunérés qu'après un contrôle qualitatif et quantitatif qui s'effectuait une fois par semaine.

L'article 94 du règlement de Torgau dit qu'un frère qui fréquente un compagnon qui a acheté son signe sans avoir accompli le temps d'apprentissage prescrit tombe en disgrâce. Le même article insiste sur le fait que le signe constitue une marque d'honneur.

L'article 59 du règlement de Strasbourg (1563) se prononce sur la possibilité de la modification du signe attribué: "... le compagnon peut seulement modifier sa marque avec l'accord formel de l'ensemble du métier."

Citons encore les articles 8 et 15 du règlement de la loge des tailleurs de pierres attachés à la construction de la "Maison des Echevins" à Gand, en date du 4 avril 1528.

Aux terme de l'article 8, "... chacun sera tenu de mettre sa marque sur la partie supérieure de sa pierre, sous peine de confiscation d'un "groote" et celui qui est trouvé coupable de ne pas avoir pesé ou dont la pierre n'est pas d'équerre ou mal travaillée, on confisque tant de fois que cela se présente dix "grooten" et personne ne portera sa pierre de son établi avant que les maçons ou le bailli ne l'ayant visité, payera l'amende comme cidevant."

Dans cet article, il est clairement spécifié que chaque compagnon a l'obligation d'apposer sa marque sur le joint d'attente de la pierre qu'il a travaillée. Cette consigne peut se comprendre dans un esprit d'aspect esthétique des édifices, mais elle n'était probablement pas commune à toutes les loges. Le nombre de signes sur les surfaces apparentes des pierres en témoigne.

L'article 15 de ce même règlement stipule: "Que personne ne se permet de prendre des fers et de graver la marque d'un autre, celui qui fait le contraire on lui confisquera le salaire d'une journée et il sera corrigé par le bailli et le maître de la loge."

Cette prescription défend formellement d'utiliser la marque d'un autre compagnon et prévoit une sanction très sévère.

Mais toute une série de questions n'ont toujours pas trouvé de réponse jusqu'ici. Ainsi qui décidait de la morphologie du signe à attribuer à l'apprenti ayant terminé son apprentissage? Etaitce la loge mère de Strasbourg ou une des loges principales? Estce que la forme du signe était dérivée d'une matrice ou estce qu'il y avait une relation entre la forme de la marque du maître et celle du signe donné à l'apprenti?L'usage du signe variaitil selon les régions?

Revenons a l'histoire des loges. Le coup mortel a été apporte à l'union des loges indépendantes allemandes par l'occupation de Strasbourg par les Français en 1681. Elles étaient coupées de leur loge mère et elles ne trouvaient plus la force de s'opposer à l'intégration dans les corporations municipales. La fin définitive vint avec l'édicte impérial du 16 août 1731 qui défendait aux loges de reconnaître une loge mère, d'avoir des secrets, d'avoir une juridiction interne et imposait que tout différend fût porté devant l'autorité municipale (Ortsobrigkeit).

Mais les corporations reprenaient un certain nombre de coutumes des loges, lorsqu'elles ne les pratiquaient pas déjà avant l'édicte précité; la remise de signes de tâcheron en fait partie. Ainsi la corporation de Francfort remettait encore des signes en 1823 et la corporation de Zurich en 1828.

Vers cette époque la forme du signe change, on passe aux lettres de l'alphabet. Ce changement s'explique par l'alphabétisation du milieu des tailleurs de pierres et des maîtres carriers.

On estime qu'elle atteint 90% au XVIIIe siècle. La lettre choisie est généralement l'initiale du nom ou du prénom du maître carrier, comme en témoignent des documents d'archives tels que factures ou lettres de commande. Il est également intéressant de constater qu'avec ce changement le signe de tâcheron, qui était le signe individuel du tailleur de pierre, devient une marque de firme, de nos jours nous dirions une « marque déposée». On peut estimer que cela est dû au changement dans la structure sociale du tailleur de pierre visàvis de son employeur.

Les formes des signes de tâcheron

En ce qui concerne les formes des signes de tâcheron, elles peuvent être grossièrement classées en trois groupes, a savoir:

  • des lettres;
  • des objets;
  • des figures géométriques.


Lettres.

Nous avons vu que les signes grecs étaient essentiellement des lettres de l'alphabet grec. Certains signes, qui ont la forme de figures géométriques, ressemblent à des caractères runiques. Au XVIIIe siècle, les lettres romaines et gothiques sont utilisées de plus en plus et remplacent les figures géométriques.


Objets.

Les signes qui représentent des objets sont peu nombreux par rapport aux autres formes. Le plus souvent, il s'agit d'outils de métier: maillet, marteau, ciseau, équerre, compas, etc. Mais il existe aussi des signes représentant un corps céleste, soleil, lune, étoile.


Figures géométriques.

Les figures géométriques sont de loin les signes les plus utilisés. Elles sont normalement composées d'un assemblage de lignes droites faciles à réaliser. Presque exclusivement droites au début, ces lignes se terminent plus tard par une sorte d'encoche et au XVIIIe siècle, souvent par une courbe (fig. 4 B., C.).

On peut estimer que les signes de ce groupe ont été dégagés d'une ou de plusieurs matrices. Le prof. RZIHA, dans une publication datant des années 1880, présente 4 matrices principales, avec variantes, pour arriver ainsi à 14 matrices qu'il a développées luimême et avec lesquelles il peut expliquer tous les signes du groupe. Il attribue la matrice carrée à la loge principale de Strasbourg, la matrice triangulaire à la loge de Cologne, le "Vierpass" à la loge de Vienne et "Dreipass" aux loges saxonnes. Notons qu'il n'existe aucune preuve écrite de l'existence d'une matrice. D'après une communication orale rapportée par TUCHER (1841), le compagnon qui arrivait dans une loge devait montrer au maître son signe et lui en expliquer l'origine en décrivant la position dans la matrice. Si tel était le cas, on peut se demander si le manque de preuve écrite de l'existence des matrices est en relation avec le secret des loges.

Sur certains édifices, on trouve des pierres sur lesquelles sont rassemblés les signes de tous les tailleurs de pierres ayant travaillé sur le chantier. Une telle pierre existe sur la cathédrale de Ratisbonne, groupant plus de 100 signes (fig. 5.). Les signes encadrés sont considérés comme étant des signes de maître. Sur l'église principale de Wolfenbüttel (16041620), on a trouvé 350 signes et, sur les tours de la cathédrale de Magdebourg (1493 1520), 110 signes.


Fig. 5. Tableau des signes de la cathédrale de Regensburg. (d'après Winkelmuller O.)


Les signes lapidaires au GrandDuché de Luxembourg

Pour le Luxembourg, l'inventaire des signes lapidaires qui sont en relation avec le métier de bâtisseur reste à faire. D'une façon générale, on constate qu'ils sont moins nombreux que dans d'autres régions, comme par exemple en Alsace. Estce que la proximité d'une loge mère (Strasbourg) y est pour quelque chose? Il me parait plus vraisemblable que la présence des signes de tâcheron sur un édifice est fonction du mode de contrat. S'il y avait contrat à la tâche, les signes sont nombreux; quant aux contrats au forfait ou à la durée du chantier, ils excluent la présence de ce type de marque. On peut imaginer que la pénurie ou l'instabilité de la main-d'œuvre conditionnait l'une ou l'autre forme de contrat. Sur les châteaux forts de Beaufort et de Koerich, récemment visités, je n'ai vu aucun signe. En revanche il y en a sur le château fort de Vianden. Notons encore que l'inventaire des signes sur un même édifice est seulement possible lors de travaux de restauration, lorsqu'un échafaudage permet d'accéder plus ou moins bien aux différentes parties de l'édifice en question. Cette condition étant remplie, l'inventaire reste toujours incomplet en raison du degré d'altération des pierres, qui est fonction de sa nature lithologique, de son exposition aux intempéries de la situation de l'édifice, sans oublier qu'un certain nombre de signes a été apposé sur les surfaces d'attente. Pour la ville de Luxembourg, les travaux de restauration récemment réalisés au Palais GrandDucal et a la Schlassbreck ont permis de faire cet inventaire.


Le Palais GrandDucal

Les signes de tâcheron relevés sur la façade Renaissance du Palais et représentés à la figure 6 m'ont été communiqués par l'association momentanée des architectes Daniel Gaymard et Robert Braun par l'intermédiaire de Robert Maquil, chef du Service Géologique. Ces signes ont été dessinés par un compagnon tailleur de pierre. Leurs formes sont semblables à celles des signes représentés à la figure 4. B, relevés sur la cathédrale de Francfort et datés de 1500 environ, donc de la même époque que la construction de la façade Renaissance du Palais GrandDucal.


Fig. 6. Signes de la façade Renaissance du Palais GrandDucal.

Commentaires (5)

1. granella roberto 29/07/2011

je sui le compagnon qui a relevés les signes de tâcheron au palais grand ducale,on na oeuvre sur lannexe de la chambre des députes en 1999 on na nos marques a la basse géometrique trè complique a gravé on le voie sur le linteau coté gauche du portaille plus les scultures un peu partou (bonne trouvaille)super votre site .

2. Jean-Pierre QUIRIN 01/04/2011

J'ai beaucoup apprécié la richesse de cet exposé,
très enrichissant pour les passionnés d'histoire des Compagnons Batisseurs.Comme Antoine Font,je n'ai pu ouvrir les illustrations ! Dommage.

3. Spartakus 27/03/2011

Bonjour,

Je passe souvent à Luxembourg ville où je travaille et dans le Grund, il y a un mur couvert de signes lapidaires de tailleurs de pierres. J'ai essayé d'en obtenir l'historique, mais peine perdue. auriez-vous des informations à son sujet? Je peux en envoyer des photos par email.

Merci.

Cordialement,

4. FONT 16/02/2011

Merci encore pour cet article fort interessant!
Dommage que les photos n'apparaissent pas...
Cordialement
Antoine FONT

5. Font 15/02/2011

Merci beaucoup pour ce remarquable article!
Cordialement
Antoine FONT

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