Création et évolution des blasons

La création des blasons bien que laissée à l'initiative de leurs futurs possesseurs, s'est dotée, dès le début, de règles plus ou moins strictes, visant à rendre l'identification efficace : lecture facile par l'emploi de couleurs franches tranchant les unes sur les autres, motifs de grande taille aux contours simplifiés facilement lisibles, et surtout unicité des armoiries (souvent non-respectée — plus par ignorance que par volonté de plagiat).

Blason de Gonesse

Cette volonté identitaire se traduit aussi par l'utilisation de symboles, rappels de faits marquants ou traductions de traits caractéristiques liés au possesseur (armes par allusion), ou même figuration du patronyme, n'hésitant pas devant l'à-peu-près, voire le jeu de mots (armes parlantes) (cf. ci-contre le « rébus » que constituent dans les armes de Gonesse, commune du Val-d'Oise, le gond enlacé d'une lettre S ).

Mais le blason n'est pas figé et il peut évoluer en fonction :

  • d'une alliance, où les blasons des alliés se réunissent pour n'en former plus qu'un, réunion codifiée par des règles traduisant le type d'union (voir plus bas « partition ») ;
  • d'un héritage, qui impose parfois à l'héritier une modification (une brisure) du blason initial en fonction du degré de parenté ;
  • d'une distinction honorifique accordée par un suzerain, qui donne à un vassal le droit d'ajouter sur son blason un élément distinctif du sien (une augmentation) ;
  • d'une distinction ou modification pour distinguer un nouveau blason de celui dont il a été dérivé (une brisure).

Il peut même disparaître et être remplacé par un blason de substitution, quand le blason original a été « déshonoré » pour une action peu reluisante de son possesseur... ou d'un ancêtre du possesseur ! (voir à lion, lion couard, vilené etc.).

Règles du blason

De fait on ne connaît qu'une seule règle qui puisse s'énoncer en termes indiscutables (c’est-à-dire pour laquelle on peut déterminer avec certitude si elle est respectée ou non): « Pas de métal sur métal, ni émail sur émail », dite règle de contrariété des couleurs.

On énonce parfois deux autres règles :

  1. Le blason doit être régulier, complet et bref : cette règle signifie essentiellement qu'il doit être possible de blasonner suivant les règles usuelles (régulier), et que le blason doit être spécifique (il n'est pas possible de retenir pour blason « d'azur à trois meubles d'or » sans spécifier les meubles, par exemple). Le blason devrait être bref, c’est-à-dire peu chargé. Cette règle a largement perdu de sa pertinence par la prolifération des blasons composés, des brisures et autres augmentations
  2. Les meubles apparaissant en nombre sont identiques, donc entre autres de même couleur.

Cette dernière règle signifie qu'on ne peut pas varier les attributs d'un meuble à l'autre, mais il existe une exception: les meubles répétés sur un champ divisé en deux zones peuvent être « de l'un en l'autre », c’est-à-dire être de la couleur du champ sur lequel ils ne sont pas placés. Dans le cas où certains de ces meubles sont placés sur la partition, ils sont alors partitionnés à l'identique, et chacune des zones formées se trouve colorée du champ opposé. Cette règle est loin d'être absolue, et on connaît de nombreux cas de groupes non homogènes.

Signification des armes

Les armes sont indéniablement signifiantes, et des systèmes précis et complets d'interprétation symbolique des armes ont été définis, mais de tels systèmes s'apparentent à une « mancie » (art divinatoire). Même si des armes ont été délibérément composées en référence à un tel système, ce n'est pas le cas général, et l'identification précise du système utilisé est de toute manière hasardeuse.

La valeur que peut prendre une figure dans un système particulier est propre à ce système, et ne peut pas être généralisée. Si beaucoup de croisés ont porté une croix, si le besant charge souvent le blason d'un ancien croisé, on ne peut pas dire pour autant que toutes les croix héraldiques sont issues des croisades, ni même que la pièce honorable en forme de croix ait toujours une raison d'être religieuse : elle peut n'être que purement géométrique, ou résulter d'une composition.

Même si l'on peut poser comme principe qu'il y a toujours une signification à chaque choix, de nombreuses armes n'ont pas de significations connues, et celles données pour les autres ne sont le plus souvent que des hypothèses. L'interprétation de la symbolique se doit d'être prudente dans l'identification du contexte : le titulaire des armes ne les a pas toujours composées librement, et une signification peut avoir été donnée après coup à des armes préexistantes.

Armes composées

Armoiries des Bourbons d'Espagne, composées de celles de Castille, de Leon, d'Aragon, de Navarre, de Grenade et des Bourbons-Anjou
Exemple d'armes surcomposées

Les écus composés peuvent correspondre à des mariages, à des pièces concédées par la grâce du Roi, ou à des acquisitions, qui entraînent des droits sur les armes correspondantes, lesquels droits se traduisent graphiquement par la composition des armoiries.

La plus simple des composition consiste à accoler deux écus, en en maintenant la forme individuelle. Au Moyen Âge, on avait l'habitude d'accoler les blasons des conjoints, le mari posé à dextre (la place d'honneur…) et la femme à sénestre. Puis cette mode évolua, et l'on se mit plutôt à écarteler les blasons avec les armes des épouses (du premier et du quatrième aux armes du conjoint, du second et du troisième à celles de l'épouse).

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, des armes surcomposées cherchèrent (très artificiellement) à représenter systématiquement toutes les alliances et ascendances d'un personnage, par ses quartiers de noblesse, au point d'en devenir globalement illisibles. Dans ces excès, qui singent les grandes armes, la composition s'oppose à la première règle du blason, qui impose aux armes d'être simples. Il est tout à fait légitime (encore qu'un peu vaniteux) de représenter sur un même écu les armes de tous ses aïeux, bisaïeux, trisaïeux ou même quadrisaïeux (pour afficher respectivement 8, 16, 32 ou 64 quartiers de noblesse), mais cette composition est artificielle, et ne montre que des alliances. Les armes personnelles doivent rester simples.

Commentaires (1)

1. Boischampion (site web) 24/02/2011

La première règle en terme de création est de ne pas prendre les armes d'autrui. Quant aux armes à enquerre (métal/émail), c'est une règle de visibilité qui n'a rien d'interdit, sauf à éviter pour une question de visibilité à l'époque des combats en armure.www.blasons-de-france.fr

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