La carrière de gypse de Triel sur Seine

Gypse : sulfate de calcium hydraté (CaSO4), minéral des roches sédimentaires, à structure cristalline monoclinique. Variétés : gypse "fer de lance" ou "pied d'alouette", gypse saccharoïde (à grains fins), gypse fibreux (fines aiguilles accolées), gypse "rose des sables", albâtre (gypse blanc pur). Donne du plâtre (sulfate de chaux) par cuisson entre 150 et 200°C. Le plâtre, additionné de gélatine et de colorants donne le stuc (marbre artificiel). L'anhydrite est du gypse ne contenant pas d'eau.

 

 

 

 

Pour se mettre en jambe, une promenade dans les bois qui domine Triel vous fera deviner l’étendue des dégâts. Les nombreux cratères sont en fait des très beaux fontis. Ils sont assez impressionnant et laisse imaginer l'état des carrières en dessous. D’ailleurs, l’endroit est tellement instable, que des panneaux dissuadent le promeneur imprudent. La petite histoire veut qu’un jour, une caravane et son propriétaire ont été emportés par un fontis comme s’ils avaient été dans un sablier. (voir la petite histoire de la carrière de gypse de Triel sur Seine ci-dessous). Cela vous fera peut-être réfléchir avant de vous engager à l'intérieur.


Pas d’imprudence donc car cette carrière, en plus d'avoir de nombreux fontis, est inondée et c'est un vrai labyrinthe. Le gypse est une pierre tendre que l’eau fait se désagréger  à vitesse grand « V ». On peut entendre le gypse travailler (ou s'effondrer) dans des « plic », « splash », « plouf » qui font froid dans le dos. Il est quand même possible de s’y aventurer en prenant garde de ne pas se perdre, car il n’y aura personne pour vous rechercher. Personnellement, je ne suis pas partisan du fil d’Ariane. S’il se casse sans que vous vous en aperceviez, vous n’aurez plus de repères, d’autant que le nombre de fils courant au sol ne vous aidera en rien. La méthode du « mur gauche » (longez tout le temps le même coté d’une paroi) vous permettra à coup sur de faire demi-tour à tout moment si la galerie s’enfonce vraiment trop loin. Ne taguez pas les murs, le charme du site en souffrirait.

La pellicule de gypse à la surface de l’eau à la lumière des flamme donne au cadre un coté magique.

 

Voici à gauche, la « Cathédrale » faisant pas moins de 7m50 de hauteur (mesuré avec un télémètre à ultrason).

Les voûtes sont somptueuses, et maintiennent le ciel de la carrière. C’est d’ailleurs l’un des rares endroits à peu près sain de cette cavité.  Une bonne partie a été foudroyé au cours de l’exploitation afin de sécuriser et stabiliser la zone.

 

Carrière de Triel / Seine

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La petite histoire de la carrière de gypse de Triel sur Seine


            Pratiquée dès le moyen âge à Chanteloup, à Triel-sur Seine et a Vaux sur Seine, l'exploitation du gypse sort du cadre artisanal au 18 s.: dans les années 1960 -1970, un million de tonnes sont extraites par an. De telles extractions ne sont pas sans conséquences : ce sont les fontis, affaissements localisés et imprévisibles causés par un éboulement souterrain, formant des cratères de dimensions variables. Sous le massif la couche de gypse atteint 7 à 8 mètres d'épaisseur. L'exploitation se pratiquait selon la méthode dite des chambres et piliers avec des kilomètres de galeries de 7 mètres de large : il en résulte un grand damier s'étendant sur plusieurs kilomètres carrés. Afin d'éviter d'attendre que les galeries s'effondrent d'elles-mêmes de manière intempestive, on pratique désormais le foudroyage, technique consistant à provoquer l'éboulement en faisant sauter une première ligne de piliers puis successivement d'autres lignes parallèles sur une surface donnée. L'éboulement se répercute au niveau du sol par un affaissement de 3 ou 4 mètres permettant de retrouver une certaine stabilité : une tech-nique limitée aux zones non urbanisées. 800 hectares du sous‑sol sont concernés .. seulement 200 hectares ont été restabilisés par la méthode du foudroyage dirigé... Ces effondrements se manifestent de façon spectaculaire : en 1991, à Chanteloup, sous les yeux de témoins impuissants, un terrain s'effondre, une caravane et un jeune homme sont aussitôt happés. Un Plan d'Exposition aux Risques (PER) a été mis en place depuis, sans satisfaire pour autant les riverains et les communes concernées. L'affaire est en discussion depuis 1994. Une association s'est constituée pour suivre le dossier : S.O.S. Carrières.


Triel-sur-Seine
78510
superficie : 1558 ha
population : 11097 hab. (1999)
origine du nom : triellum (trois îles)
l'Hautil (haute île) massif dans lequel se trouvent les carrières
la forêt de l'Hautil couvre 1250 ha et s'étend sur plusieurs communes
le point culminant de l'Hautil est à 191 m et l'altitude moyenne du massif forestier est de 135 m
le châtaigner est l'essence dominante de la forêt (60%)
le chêne et le frêne se partagent le quart de l'espace forestier.
l'Hautil est occupé depuis la préhistoire, certains vestiges y sont encore visibles ( là, le furet ne sait pas où?).

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