Les mines d'argent de Melle

L'obtention d'un métal apte à être mis en œuvre pour la fabrication de monnaies suppose toute une chaîne opératoire que les recherches archéologiques effectuées à Melle permettent d'identifier.

Pour qui arrive a Melle,
il est de prime abord évident que cette cité poitevine a connu de beaux jours pendant la période romane.
Les trois églises (Saint-Pierre, Saint-Hilaire et Saint-Savinien) qui jalonnent la ville en témoignent. Il faudra être plus curieux pour découvrir la véritable raison d'une telle abondance de monuments. Elle ne se trouve pas aux cieux mais dans le sous-sol de la ville.

Une manne pour les Mellois...
En effet, pendant les temps géologiques s'est mis en place un gisement de galène (un sulfure de plomb) argentifère. Ce sulfure de plomb comporte à priori une faible teneur en argent, 1 à 3 ‰, maisil n'en constitue pas moins une source d'approvisionenent en métal blanc. Aujourd'hui encore, on estime à 15 tonnes la quantité d'argent présent dans le sous sol mellois.
Si l'on croit les premiers historiens qui se sont intéressée aux mines d'argent de Melle, l'exploitation de ce gisement remontrais  à la plus haute antiquité. Pour l'heure rien ne vient démontrer qu'il y ai eu une exploitation antérieur à la période mérovingienne. En revanche, il est certain que le nom désignant cette petite cité poitevine au plus au Moyen-Age : METALLUM, s'inscrit dans son passé minier et métallurgique. Ce toponyme, susceptible de nombreuses déclinaisons, fait référence à un gisement de métal précieux et se retrouve en d'autres lieux connus pour leur mines de métaux précieux.

... et les Archéologues
L'exploitation du gisement de Melle est d'autant plus intéressantes que se rattache à ces activités minière et métallurgique la production monétaire. Melle tient pendant la période carolingienne ( VIII°-X° siècles) la place du plus important pourvoyeur d'argent neuf de l'Empire. En outre, l'abandon brutal  et définitif de l'extraction à la fin du X° siècle permet à l'archéologue de pouvoir observer une exploitation minières du haut Moyen-Age sans que viennent  en sur imposition les traces d'exploitations ultérieures. Ce cas rare en archéologie minière est unique pour la période carolingienne. Il permet aujourd'hui de rendre compte de manière détaillée de la chaîne opératoire mise en œuvre, depuis l'extraction du minerai jusqu'à l'obtention du métal prêt a l'emploi.

L'extraction
Le creusement de l'ensemble des réseaux miniers Mellois s'est fait par abattage au feu. Il s'agit d'une des plus anciennes technique d'extraction. Elle consiste à dresser un bucher contre la paroi que l'on souhaite abattre. Sous l'effet de la chaleur la roche se délite. Plus la roche est dure, plus la méthode est efficace. L'extraction au feu donne des formes en coupole ou en "œuf" caractéristiques.
Ce mode d'abattage pose trois problèmes majeurs résolus, en partie, par les mineur carolingiens. il faut amener de grosses quantité de bois sous terre. pendant le feu, les fumées doivent être évacuées vers l'extérieur en même temps que l'air frais doit arriver jusqu'au foyer. Le creusement de puits espacés d'une dizaine de mètres les uns par rapport au autres a permis de résoudre à la fois les questions de circulation des gaz, des matériaux et des hommes. Une fois le minerai abattu, il connait un premier tri et concassage visant a laisser sous terre le maximum de matériau stérile. De fait, on estime que les réseaux Mellois sont remblayés à plus de 80%, ce qui rend délicat les déplacements et l'étude du souterrain.

La préparation du minerai
Une fois en surface, le minerai fait l'objet d'une série de préparations sur de véritables stations de lavage qui se trouvent  au débouché des puits. Extrait eu feu, le minerai est sali par la cendre, le charbon et la poussière. Le simple fait de l'immerger dans des fosses spécifiquement destinées a cet usage suffit à le rendre suffisamment propre pour qu'il puisse être trié et concassé. Ces deux opérations effectuées manuellement permettent d'obtenir du minerai bon a fondre mais, parallèlement, elles conduisent à la formation de sables encore riches en galène. Afin de ne rien perdre, ces sables sont lavés dans des fosses allongées qu'alimente un courant d'eau. Jouant de la force de l'eau et de la différence de densité entre les différents composant du sable, il est possible d'isoler la galène. A l'occasion de la fouille d'une laverie, il à été possible de mettre a jour plus de 80 fosses de lavage.
Pourtant, comme l'a montré l'expérimentation des technique de préparation, le rôle de l'eau reste secondaire dans ce mode de préparation qui repose en grande partie sur le tri et le concassage. L'usage des fosses pour le traitement des sables témoigne d'abord de la volonté de ne rien perdre du minerai extrait si durement.
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