L'éclairage au Moyen âge

L'éclairage de la maison est de mauvaise qualité et faisait courir le risque d'incendies de plus il était souvent rare par soucis d'économie. Le plus souvent, comme les cheminées permettaient de grandes flambées, sauf en ville et dans les régions déboisées, l'on se contentait de la lumière produite par le foyer pour les veillées.

Sinon, pour créer un peu de lumière, on utilisait essentiellement des lampes à huile, à suif, des bougies et chandelles, et pour l'extérieur des torches.
Il est d'ailleurs intéressant de noter que cette domestication de la nuit passe par l’organisation de moyens destinés à parer la violence : patr

ouilles nocturnes, arrestation des sujets en armes et sans torche, guet, arrière-guet et garde dans les villes et non par des moyens d'éclairages publics.

Au XVème siècle encore, il n'y avait que trois points d'éclairage public dans Paris : la porte du tribunal du Châtelet, où Philippe le Bel avait fait placer une lanterne à carcasse de bois garnie de vessies de porc pour déjouer les entreprises des malfaiteurs qui se perpétraient jusque sur la place ; la tour de Nesle, où un fanal indiquait l’entrée de la ville aux mariniers remontant la Seine, et la lanterne des morts du cimetière des Innocents.

Comment s’éclairaient nos ancêtres ? L’histoire nous répond qu’ils adoptèrent d’abord l’usage des lampes à pied ou suspendues à l’imitation des Romains et dans lesquelles ils brûlaient, dans le nord, de l’huile de navette ; dans le midi, de l’huile de noix. Mais l’usage de la cire et surtout du suif était aussi fort répandu sous forme de chandelles.

Ce dernier terme s’appliqua, jusqu’au XIVe siècle, aussi bien pour désigner la chandelle proprement dite, ou de suif que la bougie ou chandelle de cire. A partir de cette époque cependant trois mots sont employés dans un sens distinct : chandelle, pour le suif, cierge pour la cire d’église, bougie pour la cire employée dans les habitations parce que c’était de la ville de ce nom que l’on tirait la cire d’Afrique qui passait pour la meilleure.

La chandelle de suif constituait, alors comme jusqu’à ces dernières années, l’éclairage des classes peu aisées à cause de son prix relativement faible ; la cire était rare même dans les habitations somptueuses .

Dans les fêtes, on ajoutait à cet éclairage des torches de résine que des serfs portaient à la main. Le tragique épisode du Ballet des Ardents prouve que cette coutume, déjà signalée dans Grégoire de Tours, s’était perpétuée jusqu’au règne de Charles VI.

Dès le XIVe siècle, il existait une corporation des chandeliers-ciriers-huiliers rangée sous la bannière de Saint-Nicolas. L’apprentissage était de six ans. Les principales opérations du métier consistaient à clarifier le suif et la cire, à couper et à ajuster les mèches de deux fils de coton et d’un fil de chanvre, à les attacher par rangées à une baguette, à les plonger et à les replonger, jusqu’à ce qu’elles aient acquis la grosseur et le poids convenable, dans le vase qui contient le suif ou la cire en ébullition. Les meilleures chandelles de cire venaient du Mans.

La falsification n’a pas attendu notre époque pour s’exercer aux dépens de l’acheteur ; certains chandeliers recouvraient de bon suif une chandelle formée de mauvaise matière première ; ces chandelles fourrées donnèrent lieu à bien des discussions et aussi à des règlementations. Au XVe siècle, il était interdit aux membres de la corporation de mêler la vieille cire avec la nouvelle, le suif de mouton avec le suif de vache, et de mettre, aux mèches, plus d’étoupe que de coton. Plus tard, on améliora la fabrication en ajoutant une couche de suif à trois couches de cire. On employa le marc d’huile de noix pour faire des chandelles ; on fit la mèche entièrement en coton ; on vendit des chandelles de toutes les couleurs, de toutes les nuances, en cire blanche, bleue, rouge, verte, jaune, jaspée ; « triolé, riolé, comme la chandelle des rois », disait un vieux proverbe.

La chandelle n’était guère perfectible ; malgré les grands progrès de la chimie on n’a pu arriver à combattre complètement la trop grande fusibilité du suif et la combustion incomplète de la mèche ; seule, la bougie stéarique, due aux travaux de Chevreul, a apporté à ce mode d’éclairage insuffisant un remède efficace.

Ce coup d’œil jeté rapidement sur l’histoire de la chandelle, il nous reste à dire quelques mots des ustensiles, flambeaux, chandeliers, bougeoirs destinés à la maintenir et à la transporter.

Au moyen âge, les chandeliers, quelle que fût leur destination, civile ou religieuse, étaient couverts de représentations animales. Ceux d’église portent tous à leur base des dragons qui sont un symbole de la victoire de la lumière sur l’esprit des ténèbres.

Le cétébie, flambeau dit de Glocester, que nous reproduisons et qui flgure au musée de South-Kensington, de Londres, est un exemple curieux de l’orfèvrerie religieuse au début du XIIe siècle. Il est formé d’un alliage d’argent doré. Sa base triangulaire s’appuie sur trois têtes de dragons. Sa tige, son pommeau et son calice supportent quarante-deux monstres tous différents émergeant d’un fouillis de feuillages contournés, de banderoles et d’inscriptions latines portant des devises, le nom du donateur, etc.

Le métal, la faïence, le bois même sont employés alors dans cette fabrication. L’émaillerie y est fort commune ; Limoges, au XIIIe siècle, produisait des chandeliers champlevés.

  Les torches : soit accrochées au mur (si en pierre) soit tenues à la main :
copie moderne par un artisan ferronier d'un porte torche médiéval


Lors d'une reconstitution de fêtes médiévales, la danse de la torche :
Le danseur prend un Chandelier avec la chandelle allumée ou une Torche ou un Flambeau et en dansant et marchant il se promène dans la salle et choisit une cavalière dans l'assistance.Ensemble ce couple fait quelques pas de danse puis l'homme remet le chandelier, la torche ou le flambeau à sa cavalière en lui faisant une révérence et regagne sa place tout en dansant.
Les lampes à huile : Ce système de lampe traverse les âges. Seules les matières qui les constituent changent. En terre cuite chez les gens du peuple et dans les campagnes, elles sont en bronze chez les bourgeois et les seigneurs. On voit aussi apparaître le fer.
Elles sont très utilisées par les moines car elles sont considéres comme la manifestation divine et dégagent du mysticisme.
une simple coupelle en terre cuite. Un bord pincépour recevoir la mêche. La coupelle comporte un pied destiné à  être planté dans la terre ou le sable.
                                              origine Calvados   XII eme
Fragment de lampe à huile en terre cuite
XI eme ou XII eme siècle
Copie moderne d'une lampe médièvale : la coupelle inférieure était destinée à la récupération de l'huile qui gouttait. Une anse permettait le transport facile.
 

Les bougies et chandelles :

Avec la lampe à huile, la plus vieille méthode d'éclairage...

Le bougeoir qui ne supporte qu'une seule bougie : une simple broche fixée sur un plateau munie d'une anse ou d'un anneau pour une facilité de prise manuelle.
Les chandeliers : une tige métallique élargie à l'extrémité et repliée pour constituer la douille qui reçoit la ou les bougies. Ils sont posés ou plantés dans le sol ou le mur, parfois suspendus au plafond.
Ou encore des tablettes de pierre avec des pointes metalliques sur lesquelles étaient plantés les chandelles.
   
   
Commentaires (4)

1. LANOY Ludivine 19/05/2012

Bonjour,

enfin une page très intéressante sur l'éclairage au moyen Age ! J'aurais cependant une petite question, comment et en quelle matière était fabriquée les meches des chandelles ?

2. enaura girault 31/03/2012

on ne sait pas quelles sont les dates de lampes

3. Moser françois 18/06/2011

doc très intéressant, deux petites remarques; dans l’Encyclopédie de Diderot, ou une autre de la même époque -je n'ai plus les ouvrages sous la main- il est précisé que pour raidir une chandelle de suif, il faut ajouter du tarte ce tartre c'est ce qui se dépose à la surface des tonneaux et des cuves que l'on gratte de temps en temps
Il y a dans l'église Saint-Martin de 19 Brive un superbe chandelier, disons plutôt porte cierge du !xii) avec trois dragons au pied

4. justine Colac 15/12/2010

Merci beaucoup pour tout ces jolies phrases qui m'apprennent énormément sur la vie

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