L'art Viking

Le mode de vie viking, avec ses habitations en terre battue, enfumées et exigües, semble peu propice à l’accumulation d’objets d’art. Pourtant, les peuples nordiques encourageaient leurs artisans à transformer des outils de la vie quotidienne ou les objets et l’or récoltés lors des pillages en véritables œuvres d’art. Cette passion du beau se retrouve dans leur mythologie :
Freyja, déesse de l’amour, désirait ardemment le collier merveilleux Brisingamen ; les créateurs du bijou, quatre nains maîtres-joailliers, n’allaient le lui céder que si elle couchait avec chacun d’entre eux. La déesse accepta sans hésiter.
Outre la poésie, la créativité viking s’exprimait dans ce qui allait devenir les arts décoratifs. Les gens utilisaient les richesses du commerce mais aussi des pillages pour acheter des objets à la fois beaux et pratiques, pas forcément pour l’amour de l’art. Les créateurs eux-mêmes étaient presque toujours des artisans anonymes, employés par les rois ou les nobles.
En dépit de la vieille tradition de sculpture sur pierre de l’île de Gotland, dans la Baltique, il fallut attendre le milieu du Xème siècle pour que cette pratique se développa ailleurs ; peut-être au contact des monuments chrétiens, dans d’autres régions d’Europe.
Les œuvres ciselées dans le métal, pour lesquelles il y avait une vieille tradition artistique en Scandinavie, sont les plus nombreuses. Seule une petite partie de leurs œuvres était en terre cuite, les Vikings préférant boire et manger dans de la vaisselle plus solide, en bois ou en stéatite. Dès le IIème millénaire avant J.C., les artisans nordiques étaient les meilleurs bronziers d’Europe, même s’il leur fallait importer une bonne partie du cuivre et de l’étain nécessaire à leurs alliages. Ils créaient par exemple des trompes de cérémonie courbes qui s’élevaient, comme des liserons, jusqu’à 1,5 mètres au-dessus de la bouche du musicien.
A l’époque viking, on travaillait d’innombrables objets en métal : broches et épingles pour attacher les vêtements (fibules), colliers, brassards et bracelets, porte-bonheur et amulettes (marteau de Thor), coffrets, parfois doublés d’ivoire de morse à l’intérieur, décorations pour colliers de chevaux et harnais, plaques métalliques pour orner une proue – et bien sûr, armes.

Le goût viking voulait des décorations fortes et marquantes, avec beaucoup d’entrelacs. Durant toute cette période, les principaux motifs s’inspirèrent de la nature. L’artiste stylisait souvent un animal jusqu’à l’abstraction ; des végétaux firent leur apparition à partir du milieu du Xème siècle. Les représentations humaines étaient relativement rares, et on les traitait en général d’une manière semi-naturaliste qui contrastait avec les représentations très libres des oiseaux et autres animaux.

Les historiens spécialisés en la matière relèvent six périodes différentes dans l’art viking au cours desquels de petits changements subtils ont été employé, correspondant la plupart du temps à une inspiration d’origine étrangère.

1. Le style le plus ancien, celui par exemple du harnais retrouvé dans une tombe de Broa sur l’île de Gotland, fut le premier en Scandinavie à utiliser le motif de l’animal tenant dans ses pattes les autres éléments de la décoration. Il est aussi appelé style d’Oseberg et pourrait couvrir la période allant de 750 à 875 de notre ère.

2. Les deux périodes suivantes de Borre et Jelling, quasimment contemporaines, connurent leur apogée du milieu du IXème à la fin du Xème siècle. Elles montraient des créatures « enrubannées » dont les corps s’entrelaçaient de manière serpentine ; certaines œuvres de Borre intègrent aussi des maillons de chaîne qui évoquent ceux de nos montres-bracelets métalliques. Le célèbre navire funéraire de Gokstad fournit de bons exemples de ce style. Le style de Borre couvrirait la période de 875 à 925 environ.

3. Le style de Jelling, mentionné ci-dessus, marquerait la période allant de 925 à 950.

4. Vers le milieu du Xème siècle, les motifs de Jelling évoluèrent et le style de Mammen fit son apparition (950 à 975). Il tire son nom du site de Mammen, dans le Jutland, où fut trouvée une hache portant des décorations typiques de cette période. Les animaux sont représentés plus explicitement, mais restent tordus de manière étrange. De plus, des motifs végétaux apparaissent, souvent sous forme de boucles. On range dans cette catégorie des chefs-d’œuvre comme le coffret de Bamberg et le serpent lové autour d’un fauve sur la dalle funéraire de Harald Dent-Bleue, à Jelling.

5. Les motifs végétaux prirent encore plus d’importance pendant la période dite de Ringerike, qui succéda à Mammen au début du XIème siècle (voire 975 à 1025 environ). Pendant ce temps, le calquage folié est devenu une caractéristique récurrente.

6. Cette tendance à intégrer définitivement la végétation connut son apogée dans le style d’Urnes (après 1025), qui doit son nom à l’église d’Urnes en Norvège. Les motifs complexes d’animaux et de plantes entrelacés sur les panneaux de bois des murs d’église du XIème siècle, rappellent les œuvres de certains artistes britanniques du XIXème siècle.



Malgré ces évolutions, c’est l’unité artistique qui reste la plus surprenante dans les œuvres de l’ère viking.
Au XIIème siècle, la Scandinavie fraîchement convertie au catholicisme adopta le style roman des pays du Sud et s’apprêtait à suivre les principaux courants artistiques européens.


Agrafe en forme d'oiseau (Xè s.)
Marteau de Thor.
Marteau de Thor.
Fibule.
Tête viking (Xè s.)
Pendentif.
Pendentif (XIè s.)
Couple s'enlaçant.
Walkyrie (Xè s.)



















































































Commentaires (1)

1. patrick 11/09/2009

dis moi claude val qui rit c'est une amie à toi ???

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