Origines géographiques et aires d'expansion

Territoires et routes vikings

L'origine géographique des Vikings détermina la direction de leur expansion. Les Varègues (Suèdois) se sont dirigés vers l'est, autour de la Baltique et en Russie. Les "Norvégiens" ont concentré leur raids sur les îles britanniques tandis que les Danois se sont répandus autour de la Mer du Nord, de la Manche et sur les côtes atlantiques de la Gaule. Il faut toutefois se garder d'une sectorisation trop rigoureuse. Les bandes vikings mêlaient parfois Danois et Norvégiens et certaines régions comme l'Irlande ou l'Angleterre ont été disputées entre ces deux peuples.

Vers l'est, les Varègues

Les Vikings originaires de l’actuelle Suède, bientôt nommés « Varègues », étendirent leur domination à l’est de la Mer Baltique. Vivant du commerce, de la piraterie et du pillage, et s’offrant comme mercenaires, ils écumaient le réseau fluvial et lacustre de ce qui sera plus tard l’Ukraine et la Russie, leur but ultime étant d'atteindre Constantinople. Certains Varègues y parvinrent en descendant le Dniepr puis en traversant la Mer Noire. En 838, ils se présentèrent devant la capitale de l'Empire byzantin. Plus tard, l'empereur en recruta pour composer sa garde personnelle. D'autres Varègues empruntèrent une route plus longue : ils suivirent la Volga, naviguèrent sur la Mer Caspienne, passèrent par Bagdad pour rejoindre Constantinople. Dans les années 1040, une expédition varègue dirigée par Ingvar atteignit même l’Afghanistan.

Les "Suédois" arrivèrent dans la future Russie à l'invitation des tribus slaves et finnoises, incapables de se gouverner. Ils établirent plusieurs comptoirs et fondèrent un État autour de Novgorod puis un second autour de Kiev. L'union de ces deux parties forma l'embryon de la Russie, le pays des Rus. Rus étant le nom que les Slaves, les Grecs et les Arabes donnaient aux Vikings.

Vers l'ouest, les Danois et les Norvégiens 

Les Danois organisèrent des expéditions massives, souvent sous le commandements de rois ou de chefs influents. Ils orientèrent leurs conquêtes et leurs pillages le long des côtes de la mer du Nord, de la Manche et de l'océan Atlantique. Leur raids commencèrent dès la fin du VIIIe siècle mais s'intensifièrent après la mort de Charlemagne (814) et la déliquescence de son empire. À l'évidence, les Scandinaves profitaient de cette faiblesse politique. Ils étaient également poussées au pillage par leurs guerres internes : il est fort probable que les Danois partaient en raid pour rapporter de quoi financer leurs conflits au Danemark et pour s’auréoler du prestige du conquérant.

Morcelée en multiples royaumes, l'Angleterre fut particulièrement touchée. L’Humber et la Tamise constituaient des voies de pénétration privilégiées pour les navires vikings. Entre 875 et 879, les Danois battirent les souverains locaux du nord-est de l'Angleterre et fondèrent une sorte de royaume autour de York. Ce territoire s'agrandit aux dépens des rois anglo-saxons jusqu'à recouvrir les provinces de Northumberland, East Anglia, les Five Burroughs (Stamford, Leicester, Derby, Nottingham et Lincoln) et les Midlands du Sud-Est. Alfred le Grand, roi du Wessex, arrêta cette expansion et reconnut en 886 le royaume viking qui prit progressivement le nom de Danelaw, « le pays sous la loi danoise ». En tant qu'État indépendant, le Danelaw survécut jusqu'en 954, assez longtemps pour que cette partie de l'Angleterre connut une imprégnation de la langue scandinave. La densité des toponymes en -by, -beck, -fell, -thwaite, -thorp et -toft l'atteste. Certains mots anglais d'aujourd'hui comme egg ou law proviennent du vieux norrois.

La Gaule présentait aussi une façade maritime très ouverte ; les Vikings empruntèrent régulièrement la Seine, la Loire, la Garonne et les petits fleuves côtiers. Les chroniques des monastères nous apprennent que la Seine charria des flottes scandinaves en 841, en 845, en 851, en 852 et en 856. Ensuite, les envahisseurs choisirent d'hiverner sur une île fluviale.

Les Vikings envahissant la Gaule reçurent le nom de « Normands » avant de s’établir durablement dans la région qui porte aujourd’hui le nom de Normandie.

Moins bien organisés que leurs voisins danois, les Vikings originaires des côtes occidentales de la Scandinavie (l’actuelle Norvège) formaient des groupes d'individus isolés qui s'attaquèrent à l'Occident dans un but de pillage mais aussi de colonisation. Ils recherchaient en effet des terres agro-pastorales. Leur aire d'expansion recouvre l’Écosse, l’Irlande, le nord-est de l'Angleterre ainsi que les petites îles plus septentrionales comme les îles Féroé, les Orcades, les Hébrides ou les Shetlands. L'Irlande constituait une proie de premier choix pour les envahisseurs : riche de ses prestigieux monastères, l'île était divisée en sept "royaumes" qui ne cessaient de se faire la guerre. Vers 840, le Norvégien Turgeis amorça la conquête du pays. Conquête rendue difficile par l'intervention des Danois du Danelaw. Preuve des rapports conflictuels qui pouvaient exister entre les Vikings. L'apport scandinave en Irlande est en tout cas indéniable puisqu'ils sont notamment à l'origine des villes de Wexford, Waterford, Cork et Limerick.

Des îles Britanniques, les Norvégiens se lancèrent à l'attaque des côtes occidentales de la Gaule et de la péninsule ibérique. D'autres gagnèrent l’Islande. Sur cette île proche du cercle polaire arctique, le but n'était pas de razzier mais bien de coloniser. Arrivés en 870, les premiers colons, des Norvégiens mais aussi des Irlandais et autres Celtes, construisent des fermes. Ils cultivent la terre, élèvent des ovins, des bovins ou des chevaux ou chassent les mammifères marins. L'historien Régis Boyer estime que c'est sur cette île isolée que s'exprima le « génie viking ». Les colons formèrent une société originale, dominée non pas par un roi ou un jarl mais par une assemblée, l'Althing. D'Islande, provient une précieuse partie de la littérature scandinave, au premier chef les sagas et les Eddas (poèmes).

Les aires d'expansion extrême : Méditerranée, Groenland et peut-être Amérique

Remarquables navigateurs, les Vikings s'aventurèrent très loin de leur patrie en procédant par bonds. D'Angleterre ou de France, certains assaillirent la péninsule ibérique. En 844, Séville et Cadix alors aux mains des Maures furent ravagées par une flotte remontant le Guadalquivir. Les Vikings pénétrèrent en Méditerranée par le détroit de Gibraltar. En 859-860, ils atteignirent le port de Luni près de Pise.

Selon le Livre des Islandais, des Vikings commandés par Erik le Rouge partirent en 982 ou 983 d'Islande et mirent le cap vers l'ouest. Après quelques jours de navigation, ils rencontrèrent l'immense masse du Groenland. L'île parut si attirante (le climat était sûrement à l'époque plus favorable) qu'Erik y revint deux ans plus tard afin de coloniser les lieux. L'archéologie a retrouvé une ferme qui atteste de l'occupation viking sous ses hautes latitudes dès la fin du Xe siècle}.

Les Vikings auraient aussi mis les pieds en Amérique, et ce bien avant Christophe Colomb. En effet, plusieurs sagas, en particulier la Saga des Groenlandais et la Saga d'Erik le Rouge, racontent l'exploration d'une région appelée Vinland par des groupes vikings en l'an 1000. Or dès le XIXe siècle, des érudits émirent l'idée que ce Vinland était en Amérique du Nord. En 1960, les archéologues norvégiens Helge et Anne Stine Ingstad découvrirent au nord de Terre Neuve les ruines d'un campement qui se révéla d'origine viking. D'après les analyses du carbone 14, ce site de L'Anse aux Meadows datait entre 980 et 1020. Il constituerait la preuve que les premiers Européens à débarquer en Amérique étaient des Vikings. Toutefois, cette découverte archéologique ne fait pas encore l'unanimité chez les scientifiques.

Les phases d'expansion

L'historiographie place traditionnellement en 793, année du saccage de l'abbaye de Lindisfarne, le début des invasions vikings. En réalité, des Norvégiens avaient déjà sévi quelques années plus tôt en 789 sur la côte méridionale de l'Angleterre. Mais l'épisode tragique de Lindisfarne a tellement frappé les contemporains que les historiens continuent à le présenter comme le premier événement de l'âge viking.

L'historien Lucien Musset repère deux grandes phases d'invasions : la première entre 790 et 930 et la seconde entre 980 et 1030. Entre les deux périodes, l'Europe connut quelques dizaines d'années d'accalmie. Musset subdivise ensuite la première phase en trois mais cette partition n'est pertinente que pour les Danois envahissant la France :

  • entre 800 et 850, les Vikings se contentent de piller les monastères ;
  • entre 850 et 900, les Vikings découvrent la faiblesse des défenses franques et organisent de véritables opérations militaires depuis des îles situées sur les fleuves francs ; ils procèdent de plus en plus par intimidation. Les populations s'en débarrassent temporairement en leur versant un tribut (le danegeld)
  • de 900 à 950, c’est le temps de la colonisation : les Francs incapables de mettre fin aux invasions par la force autorisent les Vikings à s’installer sur leurs terres.

Et Pierre Bauduin de préciser : « si ce schéma offre un cadre de lecture au mouvement viking, il ne correspond pas à un plan préétabli et les étapes en ont été franchies à des dates différentes selon les régions ».

Régis Boyer propose une autre périodisation qui reprend partiellement celle de Musset. Il distingue trois « vagues » d'invasions :

  • entre 800 et 850, les Vikings procèdent par tâtonnement et testent leurs adversaires.
  • entre 850 et 900, sûrs de leur force, ils exploitent les territoires envahis, voire les conquièrent
  • entre 980 et 1050, après une phase d'accalmie qui a vu l'installation des Vikings en différentes régions (Angleterre, Normandie, Groenland...), des Scandinaves repartent sur les mers, dernier soubresaut des invasions. Il s'agit surtout de Danois qui s'attaquent à la Grande-Bretagne, et dans une moindre mesure, de Suédois qui se mettent en route pour l'Asie musulmane.

Cette périodisation formulée par l'historien Danois Johannes Steenstrup (1844-1935) a été reprise par Lucien Musset qui l'a adaptée à la Neustrie. Les suivants de Musset ont repris cette périodisation et l'ont étendue au reste de la France sans autre forme de procès. Or, la conquête de la Gascogne dès 840 -largement ignorée par la plupart des chercheurs focalisés sur la Normandie- prouve que les attaques vikings n'ont pas été "progressives" partout et surtout que dès le début des invasions, les Vikings, loin de se comporter comme des pillards, ont affiché des ambitions politiques.

Les raisons des succès vikings : le cas franc

Le royaume franc dirigé par Charlemagne connut un raid dès 799. C'était le point de départ d'une longue série d'attaques vikings, dont la plus connue est sans doute le siège de Paris en novembre 885. Si des mesures défensives furent rapidement prises après l'événement de 799, il n’en demeure pas moins que les incursions vikings témoignèrent d’une redoutable efficacité tout au long du IXe siècle. Ce succès s’explique d’abord par la vitesse d’exécution de la machine militaire viking, efficace et novatrice. Par ailleurs, la décadence politique de l'empire franc après 830 a certainement facilité la tâche aux assaillants.

Les atouts militaires vikings

Les premiers raids vikings étaient surtout dirigés vers des cibles situées à proximité du rivage et consistaient surtout à piller les villages ou les monastères avec peu de moyens, de façon à pouvoir regagner le large avec des richesses rapidement gagnées. Mais dès 830, on peut noter une évolution dans le modus operandi : ceux-ci bénéficiaient désormais d’une plus grande flotte et attaquaient des cibles (surtout des églises ou des monastères) à l’intérieur du pays. Ils employaient des éclaireurs ou des espions pour connaître la disposition de leurs cibles et s’attardaient même parfois en territoire franc. Noirmoutier, situé à l’embouchure de la Loire, figure parmi les premiers lieux à avoir servi de base fixe aux Vikings. À partir des années 860, les Vikings entreprirent de conquérir et de coloniser des territoires. Ce changement d’objectif nécessita une évolution militaire : une armée plus grande et mieux organisée. Les Danois en particulier savaient rassembler plusieurs bandes dans un objectif précis. En 885-886, une armée portée par 700 navires se présenta devant Paris. Toutefois, contrairement à ce que la lecture des chroniques monastiques pourrait faire croire, les assaillants ne formaient pas une marée humaine se déversant sur la Francie. En effet, la Scandinavie était à cette époque (et encore aujourd'hui) trop peu peuplée pour submerger par le nombre l'Occident.

Leurs navires de guerre, appelés langskip ou snekka (mais jamais drakkar), sont l'outil indissociable de la réussite des envahisseurs. Longs en général d'une vingtaine de mètres, ils étaient mus à la rame et à la voile. La souplesse de leur coque les rendait adaptés aux déplacements en haute mer tandis que leur légèreté, leur faible tirant d'eau leur permettaient de remonter aisément les rivières. Les Vikings pouvaient également emporter leur flotte sur une bonne distance : durant le siège de Paris, ils l’auraient même traîné hors de la Seine pour la remettre à l’eau deux mille pieds plus loin, en amont de la Seine. Privilégiant la marche, les Vikings ont peu utilisé les chevaux car il était assez difficile d'en obtenir.

Il est pertinent d’ajouter que les hommes du Nord ne sont pas des pirates : ils ne combattent pas en mer et leur flotte ne sert que pour le transport.

Les armes scandinaves n'étaient en rien supérieures à celles des Francs. Les guerriers étaient généralement armés de haches, de grands glaives lourds, de lances, de javelots et de boucliers. A la grande hache scandinave (tenue à deux mains), répondait la qualité des épées et des broignes franques. C’est l’élément tactique des Vikings et non l'armement qui garantissait leur efficacité au combat. Ils utilisaient notamment l’effet de surprise. Mais cet avantage disparaissait lorsqu'ils s'engageaient dans la remontée des fleuves et dans l'arrière-pays car leur présence était rapidement transmise de village en village. Les sources franques révèlent que les envahisseurs savaient se retrancher dans des fortifications qu'ils élevaient eux-mêmes.

Lors d’un raid, les Vikings tuaient ou emmenaient des captifs. La nouvelle de ces violences causaient la terreur chez les autochtones qui s'empressaient de fuir ou de verser un tribut. Cette intimidation était une arme de dissuasion redoutable dont les effets sur l’adversaire, quoique non quantifiables, ont sûrement joué un rôle important dans le succès des incursions vikings en Francie occidentale.

Enfin, de façon générale, les Vikings ne s’attaquaient qu’à des cibles beaucoup plus faibles qu’eux, évitant les armées et les batailles rangées, se repliant rapidement dès qu’ils rencontraient une résistance.

L'inefficacité des Carolingiens devant l’envahisseur

Le raid précurseur de 799 contraignit Charlemagne à prendre des mesures défensives. Le roi amorça la construction d'une flotte de guerre et plaça des sentinelles et des postes de gardes sur le littoral (notamment dans les ports et à l'embouchure des fleuves). Ce dispositif sembla fonctionner puisqu'en 820 par exemple, une flotte viking dut rebrousser chemin devant l'estuaire de la Seine. Toutefois, après 830, les raids fructueux se multiplièrent.

Première raison de leur échec, les Francs souffraient des divisions internes qui fêlaient l'empire. Le pouvoir de Louis le Pieux était contesté par ses fils et une fois le père mort en 840, ces derniers se disputèrent l'héritage territorial. Le traité de Verdun en 843 sanctionna la division de l'empire en trois royaumes : Charles le Chauve reçut notamment la Francie occidentale, ébauche de la France. Cet accord ne stoppa pas pour autant la guerre, le roi devant faire face à la dissidence de l'Aquitaine, à la poussée bretonne, à la montée en puissance de l'aristocratie sans oublier les ambitions de son frère Louis le Germanique. En 858, Charles dut par exemple annuler sa campagne contre les Vikings car les aristocrates s'étaient révoltés et son frère avait envahi le royaume. Les Scandinaves profitaient de cette instabilité pour mettre à feu et à sang des villes, des monastères et en tirer un butin considérable.

Toutefois, à partir des années 860, les invasions déclinèrent pour se diriger plutôt sur la Grande Bretagne. Les dispositions défensives mises en place par Charles le Chauve semblaient porter leur fruits. Dans les secteurs régulièrement envahis, des châteaux (castella) avaient été établis, parfois en dépit de l'accord royal. Des ponts fortifiés, tel celui de Pont-de-l'Arche sur la Seine, barraient la route des fleuves. Le roi carolingien confia de grands commandements militaires aux principaux chefs de l'aristocratie. Robert le Fort devint par exemple marquis de Neustrie et battit les Normands à Brissarthe en 866. "Victoire" toute relative puisque dans ce combat Robert le Fort et Rannoux de Poitiers trouvèrent la mort. Modèle:Référence nécesssaire

À la fin des années 870, les Scandinaves se jetèrent à nouveau sur le royaume. Ils étaient maintenant plus nombreux et s'organisèrent pour la conquête de territoires. Dans le même temps, la royauté carolingienne vacillait après la mort de Charles le Chauve. Les règnes étaient éphémères : Louis le Bègue régna deux ans (877-879). L'espoir se ralluma quand en 881 le roi Louis III défit une grande armée viking à Saucourt-en-Vimeu, puis en 885 quand le comte Eudes contraignit à empêcher que les Vikings prennent Paris. Mais plus souvent, les Carolingiens se soumirent à leurs adversaires. À plusieurs reprises , ils payèrent le départ des Hommes du Nord. Bien qu'il réussit à reconstituer l'empire de Charlemagne en rassemblant les différents royaumes francs, l'empereur Charles le Gros usa de ce moyen financier pour se débarrasser des Vikings qui assiégeaient toujours Paris. Cerise sur le gâteau : outre les 700 livres de tribut, les Scandinaves reçurent le droit de piller la Bourgogne en amont de la ville.

L'incapacité des Carolingiens ne se démentit pas dans les décennies suivantes. En 911, le roi Charles le Simple, petit-fils de Charles le Chauve, se résolut à négocier avec un chef viking nommé Rollon. Il lui abandonna les territoires autour de Rouen, embryon de la Normandie. Cette décision calma quelque peu les raids scandinaves en Neustrie. Ailleurs, la résistance des populations et des chefs locaux, notamment en Bretagne, obligea les Hommes du Nord à battre en retraite.

Commentaires (1)

1. gabby 20/01/2011

you are cool








lol

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